Dave: au centre neuropsychiatrique Saint-Martin, huit patients ont pris la pose
Le Centre psychiatrique Saint-Martin a reçu le Prix Namosa, mercredi soir. Un beau chèque pour rapprocher davantage l'art et les soins. En figure de proue, un projet dénommé "People", qui a invité des patients à se faire tirer le portrait dans un vrai studio.
- Publié le 08-10-2026 à 15h05
- Mis à jour le 08-10-2026 à 16h18

En son jardin d'hiver, le Centre neuropsychiatrique Saint-Martin a reçu, mercredi soir, le Prix Namosa. Porté par Prométhéa (une ASBL promouvant le mécénat d'entreprise depuis 1985), ce dernier fédère 21 entreprises namuroises mécènes autour de projets culturels et artistiques. Le prix distingue cette année une démarche à la croisée de la culture et des soins. Il salue un projet, baptisé "People", imaginé avec L'Intime Festival et la photographe Marie-Valentine Gillard.
"People" a demandé aux résidents de choisir un personnage qu'ils aimeraient incarner. Une figure réelle ou imaginaire, célèbre ou intime, puisée dans leur histoire ou leur enfance et qui a compté pour eux. Pendant des mois, il a fallu construire ce personnage. Écrire. Dessiner. Peindre. Jacques Lacan pour l'un, Renaud pour un autre, un membre de la famille pour un troisième. Puis le décor s'est installé. Une photographe professionnelle, des costumes, du stylisme, de la coiffure, du maquillage. Et un véritable studio au cœur de l'hôpital.
Huit portraits sont nés de cette aventure. Huit patients qui se sont prêtés au jeu, métamorphosés le temps d'une séance."Ça leur a permis de réfléchir à leur situation, à leurs envies, à leur avenir. Mais ça permet aussi d'installer une distance avec la maladie", glisse Jocelyn Deloyer, responsable des projets européens au sein de cet hôpital fondé en 1901 par la Congrégation des Frères de la Charité.

L'art, acteur des soins
L'intérêt de l'art ne réside pas dans la performance artistique. Ne compte que ce que la création permet de faire émerger, de panser, de guérir.
À ce titre, l'art peut devenir un "tiers", poursuit Jocelyn Deloyer. Comprendre que, entre le patient et le soignant, la production d'une "œuvre" peut créer un détour. Une autre manière d'entrer en relation lorsque la parole directe est difficile.

À Saint-Martin, cette approche dépasse largement la photographie. Écriture, peinture, sculpture, poterie, collage, théâtre : les expressions empruntent une diversité de chemins. L'un d'eux mène les malades dans des musées sur "prescriptions" muséales gratuites. D'autres projets ont mis le pied à l'étrier du pinceau et de la palette les trois Maisons de soins psychiatriques, les MSP Mériba, Sénevé et Les Entours. Réparties dans l'enceinte de Saint-Martin, quelques-uns de leurs patients, sur les 90 hébergés, ont ainsi participé à l'événement Montmartre, à Dinant, souligne Sophie Muller, associée à la direction générale
L'Intime Festival s'est révélé un passeur d'artistes dans l'hôpital. Une troupe de théâtre est notamment venue en résidence pour travailler à une pièce avec des patients.
Le chèque, de plus de 20 000 €, récompense l'initiative et entend l'amplifier. Il contribuera aussi à faire voyager l'exposition "People", au sein de la province de Namur mais aussi au-delà des frontières. Des accords ont déjà été pris avec la Grèce, le Portugal et la Suisse.
