Frank De Winne et sa fusée sur de bons rails
Demain après-midi, Frank De Winne s'envolera pour la station spatiale internationale . Alors qu'on s'affaire autour de la fusée, l'astronaute, lui, se relaxe.

- Publié le 26-05-2009 à 06h00

Sept heures tapantes. Le soleil vient à peine de se lever sur le cosmodrome de Baïkonour, au beau milieu des steppes kazakhes, qu'il brille déjà de mille feux. Pas un nuage à l'horizon. Malheureusement, le vent, omniprésent et glacial, vient quelque peu gâcher la fête.
Un tout petit peu seulement, car il en faudrait bien plus pour arrêter un train en marche. Ce train, c'est celui qui doit emmener la fusée Soyouz de son hangar jusqu'au pas de tir. Le vaisseau spatial précisément qui devrait, si tout se déroule comme prévu, emmener mercredi après-midi Frank De Winne pour sa deuxième mission dans l'espace (nous en reparlerons dans les prochains jours).
Lentement, très lentement, l'imposant convoi débute son périple, long de trois kilomètres. Un trajet placé sous très haute sécurité. Le moindre incident pourrait mener à l'annulation de la mission. Toutes les précautions sont donc prises pour mener, sans encombres, la fusée jusqu'à sa tour de lancement.
Chiens renifleurs d'explosifs
Précédent le convoi de quelques centaines de mètres, un chien renifleur et son maître passent au crible chaque traverse à la recherche d'éventuels explosifs. De part et d'autre du convoi, des policiers armés sont aux aguets. Le tout dans une ambiance qui reste décontractée.
Après une heure et quarante minutes de voyage, le convoi arrive enfin à destination : le pas de tir. Il s'agit en fait d'une voie à sens unique aboutissant au bord d'un cratère profond de plusieurs dizaines de mètres. Un énorme trou qui doit canaliser la chaleur, les fumées et les flammes rejetées par les puissants moteurs de la fusée. Au bord de ce précipice trône une espèce de crabe qui, à l'aide de ses quatre pinces, doit maintenir la fusée à l'horizontale.
Sur cette plateforme, des ingénieurs s'affairent, sous l'oeil de la presse, des officiels et des membres de la famille des cosmonautes, pour redresser la fusée afin de la placer dans sa position finale. Une étape retardée de quelques heures en raison du vent puissant balayant la zone.
Repos et relaxation
Pendant ce temps, Frank De Winne, lui, se repose et se relaxe, loin de ces préoccupations. Il ne peut de toute façon assister à la mise en place de la fusée. Et ce pour deux raisons.
Par superstition tout d'abord. Mais aussi parce que l'homme est en quarantaine depuis quelques jours pour éviter d'emmener avec lui d'éventuelles maladies.
Et donc de rater le train dans la dernière ligne droite.
