Di Rupo s'en remet aux jeunes à Auschwitz

Le Premier ministre était à Auschwitz hier en souvenir du 8 mai 1945. L'occasion d'appeler les jeunes à rejeter le repli sur soi et l'extrémisme.

Di Rupo s’en remet aux jeunes à Auschwitz
GERMANY AUSCHWITZ DI RUPO ©Belga

Il était un peu plus de dix heures, hier matin, quand Elio Di Rupo est arrivé à Auschwitz. Une visite de quelques heures, 67 ans, jour pour jour, après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Un déplacement, surtout, à vocation pédagogique puisque notre Premier ministre venait saluer un millier de jeunes partis quelques jours plus tôt de Belgique, à l'initiative de l'Institut des vétérans.

Des jeunes qui n'avaient jamais fait le déplacement jusqu'en Pologne. Un trajet parcouru symboliquement à bord du "Train des mille", comme pour ces 26 000 personnes déportées au départ de la Belgique. Trente-trois heures de voyage, mais dans de toutes autres conditions.

À son arrivée à l'entrée du camp, Elio di Rupo a été accueilli par certains d'entre eux, pour une visite commune de cet endroit chargé d'Histoire et qu'on n'aurait voulu qu'il n'existe jamais. Il est pourtant intact, les parties démolies ayant été reconstruites par devoir de mémoire.

Pour cette visite, le Premier était accompagné d'un guide exceptionnel, en la personne de Paul Sobol, l'un des 1 240 déportés belges à être revenu vivant des camp (lire ci-dessous). Pendant plus d'une heure, l'homme s'est remémoré cette dramatique période de son existence pour la partager.

L'air grave, hochetant de la tête, le Premier a écouté. Non sans émotion quand le décor est devenu insoutenable, comme dans la salle reconstituée où des millions de gens ont été incinérés.

Le Front National et les néonazis grecs en toile de fond

Le Montois a aussi su se montrer pédagogue, en livrant quelques explications aux enfants. Mais pas seulement.

En début d'après-midi, lors d'une cérémonie d'hommage à Birkenau, le camp voisin, le Premier ministre a tenu à lancer un appel solennel aux jeunes: "C'est absolument nécessaire de garder en mémoire ce qu'il s'est passé ici. À l'avenir, il faut comprendre ce qu'il s'est passé ici et ce dont sont capables les Hommes. C'est vraiment important d'être là."

Avant de les mettre en garde: "Près de 70ans après la libération, les mêmes questions et les mêmes angoisses reviennent. Ni Hitler ni le nazisme ne reviendront nous persécuter. Mais la barbarie ne meurt jamais. Elle se transforme et se métamorphose, elle se développe dans de nouveaux discours."

Une allusion sans ambiguïté aux derniers scrutins électoraux, en France et surtout en Grèce, où le parti néonazi a fait dimanche son entrée au Parlement. Une référence qui prend tout son sens quand on se souvient que la Seconde Guerre mondiale s'est nourrie de la crise de 1929.¦

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