L'avocate générale n'a aucun doute : pour elle, Nicolas Ullens a commis un assassinat et "la victime n'avait aucune chance de survivre"
Le réquisitoire de l'avocate générale Laure Wynants a été aussi concis que percutant, lundi matin : pour elle, Nicolas Ullens a commis un assassinat.
- Publié le 05-10-2026 à 14h01
- Mis à jour le 05-10-2026 à 14h21
En dehors de l'acte d'accusation lu au premier jour du procès de Nicolas Ullens devant la cour d'assises du Brabant wallon, on n'avait pour l'instant pas beaucoup entendu la voix de l'avocate générale Laure Wynants.
Elle a posé très peu de questions aux témoins et a expliqué ce lundi matin aux jurés qu'elle avait surtout beaucoup écouté. Avant de prendre la parole pour un réquisitoire qu'elle a annoncé comme "sans effets de manche, sans agressivité et sans populisme". Et elle a tenu parole.
Durant environ une petite heure, en fin de matinée, elle a expliqué aux jurés les notions de meurtre, d'intention homicide et de préméditation, puis les a appliquées aux éléments objectifs des faits commis le 29 mars 2023 par l'accusé.
Elle a précisé que l'intention homicide n'est pas le mobile, lequel a beaucoup été discuté jusqu'ici au cours du procès, mais bien la réponse à une question claire : "l'accusé voulait-il tuer ?".
En l'occurrence, Nicolas Ullens, chasseur de longue date, se qualifiant lui-même de bon tireur, formé à l'armée et au sein de la Sûreté de l'État, savait ce qu'il faisait en tirant six balles à bout portant, avec son Glock, dans la tête et le thorax de la victime. "La victime n'avait aucune chance de survivre", a commenté l'avocate générale. La question de l'homicide est ainsi réglée sans grand débat…
Les images de caméra montrent qu'il a attendu neuf minutes à l'extérieur
Reste la préméditation. Pour l'établir ou pas, les jurés doivent répondre à une autre question : "l'accusé avait-il déjà décidé de tuer avant de passer à l'acte ?"
L'avocate générale a découpé les faits du 29 mars 2023 en différentes séquences. D'abord, Nicolas Ullens quitte son domicile et se rend chez son père en se mettant au volant de sa Dacia, espérant montrer à son paternel qu'il ne roulait pas sur l'or. Il savait donc où il allait en partant de chez lui.
Après avoir essuyé une fin de non-recevoir à ses demandes financières, il est sorti de la propriété mais n'a pas quitté pas les lieux : les images de caméra montrent qu'il a attendu neuf minutes à l'extérieur, et positionné sa voiture de manière à voir les véhicules sortant de la propriété de Guy Ullens. "Attendre, c'est choisir de ne pas tourner la page", a fait remarquer la représentante du ministère public.
L'accusé voit alors arriver la voiture de son père et de sa belle-mère. Il s'avance, la percute volontairement, et sort avec son arme chargée chez lui préalablement, et dont il s'est "équipé" durant les 9 minutes d'attente. Il fait le tour de la voiture de son père, se place à hauteur de la portière conducteur, puis tire quatre fois sur sa belle-mère. Son père hurle, il s'arrête, et tire à nouveau deux fois, en prenant le soin de se repositionner pour ne pas blesser le passager.
"La préméditation est une succession de choix et les choix, dans ce dossier, ont été nombreux, a conclu l'avocate générale. À chaque étape, à chaque moment décisif, l'accusé pouvait revenir en arrière. Mais il a avancé. Il était capable de discernement et du contrôle de ses actes. Je suis intimement convaincue qu'il a décidé, d'une manière réfléchie, de commettre les faits."
Elle a dès lors demandé aux jurés de répondre "oui" à la question qui leur sera posée mardi à propos de la préméditation.
