La Ville veut décrocher le label "langues régionales" : "Dins no Nivèle, l'aclot a d'l'impourtance"
Malgré des réticences lors d'un précédent conseil communal, le collège demandera tout de même le label "Ma commune dit oui aux langues régionales".
- Publié le 09-10-2026 à 06h39

C'est l'opposition MR, par la voix de Valérie De Bue, qui avait proposé à la fin du mois d'août que la Ville de Nivelles passe une convention avec la Fédération Wallonie-Bruxelles afin d'obtenir un label " Ma commune dit oui aux langues régionales ".
Une cinquantaine de Communes en Wallonie ont déjà franchi le pas, dont plusieurs en Brabant wallon comme Perwez, Walhain, Beauvechain ou encore Ittre.
Pour Nivelles, capitale du Roman Païs, l'idée a été émise après que le Nivellois Charles Botos ait reçu le prix de l'œuvre philologique consacrée aux langues régionales, récompensant son travail sur la pièce Èl roûse dè sinte Èrnèle. Écrite par Georges Willame, cette œuvre fait partie du patrimoine aclot et sera d'ailleurs jouée en novembre prochain au Waux-Hall.
L'attribution du label implique la mise en place de diverses actions de soutien aux langues régionales, l'Aclot en ce qui concerne Nivelles, dans plusieurs domaines. Un système de points a été imaginé pour objectiver les efforts communaux, et maintenir (ou pas) ce label après trois ans.
Dans un premier temps, au conseil communal, l'échevine de la Culture Céline Scokaert (PluS) s'était montrée assez réticente. Parce que la Fédération Wallonie-Bruxelles n'apporte pas un réel soutien financier, et qu'il y a pas mal de choses à mettre en place pour arriver au nombre minimal de points.
Finalement, au fil des débats, le bourgmestre Bernard De Ro (Les Engagés) avait convenu qu'une analyse plus complète serait effectuée par les services, avant de revenir avec une réponse plus étayée lors d'un prochain conseil communal.
"Dins no Nivèle, l'aclot a d'l'impourtance"
Lundi dernier, n'ayant pas reçu de nouvelles, Valérie De Bue a à nouveau interpellé le collège en ajoutant un point à l'ordre du jour.
"Chaque échevin a passé en revue, dans ses domaines, ce qui existe déjà, a répondu le bourgmestre De Ro. Le constat est lucide: malgré la richesse de notre patrimoine aclot, on n'atteint que 35 points sur les 100 requis. Il y a donc du pain sur la planche. Mais nous relevons le défi. In soutnant ça, nos invoyons in foûrt signâl: dins no Nivèle, l'aclot a d'l'impourtance, il est rcouneû, èy'il a toute ès place dins nos projet communâl."
Oui oui, le bourgmestre a prolongé en Aclot et indiqué, on traduit pour les non bilingues, qu'il s'agissait d'envoyer un signal fort, montrant que l'Aclot a de l'importance à Nivelles, qu'il est reconnu et qu'il a toute sa place dans le projet communal.
Une prise de position qui a valu à la majorité, une fois n'est pas coutume, les remerciements de la minorité. Valérie De Bue a indiqué qu'elle avait pris des contacts avec des Villes déjà engagées dans cette dynamique. Une des leçons à en tirer est l'importance du soutien aux bénévoles.
Côté MCN également, Gaëtan Thibaut, qui avait contribué à mettre une petite pression sur le collège lorsque le point avait été évoqué pour la première fois, s'est réjoui de l'évolution de la position de la majorité.
"Tout est à faire", tempère l'échevine
Si le point a été approuvé à l'unanimité, l'échevine de la Culture a tout de même mis quelques bémols à l'enthousiasme ambiant. En expliquant notamment qu'en matière de culture, la Ville ne soutiendra que le spectacle des XIII, la Nouvelle Gavotte jouant depuis plusieurs années à Genappe. Un fonds qui existait à la bibliothèque locale a aussi été cédé à la bibliothèque centrale lors de la scission des deux entités en 2009…
"Et en matière d'enseignement, aucune action pour l'instant n'est concrétisée, a continué Céline Scokaert. Tout est à faire. Je veux être réaliste: cela va être compliqué. Et les bénévoles, il faudra les trouver."

