Changer de banque : un calvaire

Changer de banque, vous y avez déjà pensé ? Depuis le 1er novembre 2009, l'opération a été simplifiée grâce au service de mobilité interbancaire.

En théorie du moins car, dans les faits, changer d'institution s'apparente toujours au parcours du combattant.

Paul (prénom d'emprunt) a longtemps été un client fidèle. Comptes, produits financiers, emprunts, assurances: le Namurois n'avait en tout et pour tout qu'un interlocuteur, une des plus importantes banques de Belgique. "Je me suis fait piéger. J'avais tous mes produits dans le même panier."

L'an dernier, cet indépendant de 45 ans a voulu profiter de la baisse des taux d'intérêt pour renégocier les termes de son emprunt hypothécaire. Paul a fait jouer la concurrence pour obtenir un meilleur taux qu'il a soumis à sa banque. "Elle a refusé de s'aligner sur la concurrence." Il a décidé d'aller voir ailleurs.

"Quand j'ai changé de banque, ça s'est bien passé. C'est facile d'ouvrir un nouveau compte, de modifier son crédit hypothécaire,etc. Mais j'ai été piégé par tous les produits d'assurance. Je me suis heurté à des blocages." Paul assure, " documents à l'appui ", avoir respecté les procédures. "J'ai résilié mon assurance habitation par recommandé. Mon agence a refusé de réceptionner le courrier, sans aucun motif. C'était le silence radio. "

Le père de quatre enfants a tout tenté: courriers recommandés, messages électroniques, coups de téléphone, visites sur place. Rien n'y a fait. La banque, si prompte jusque-là à répondre à ses sollicitations pour des crédits, s'est soudainement murée dans le silence.

Pire, Paul a même eu quelques soucis. "J'ai reçu un jour une lettre d'huissier me mettant en demeure de payer la traite de mon assurance." Un contrat qui avait pourtant été correctement résilié. Des comptes professionnels ont été bloqués et "un crédit professionnel a été suspendu". À nouveau, sans explication.

Paul a tenu bon. "Quand je me suis rendu compte que ça sentait l'oignon, je suis passé par un courtier indépendant." Il a également envoyé un mail à la compagnie d'assurance qui s'est excusée trois jours plus tard dans un courrier. Les problèmes se sont progressivement arrangés.

Consommateur devenu acteur

Désormais, l'indépendant a opté pour une coopérative. "Un choix éthique pour sortir de ces holdings qui jouent aux cow-boys avec notre argent puis s'écroulent." Et il n'entend pas s'arrêter là: "La prochaine étape, c'est de devenir coopérateur de la banque. Pas actionnaire, s'empresse-t-il de préciser. Parce que dès qu'on a une part, on a une voix. On peut participer à l'assemblée générale, on s'informe et on peut poser des questions."

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