Un paysage bancaire redessiné
Ces cinq dernières années, le paysage bancaire belge a radicalement changé : le groupe Fortis a été racheté à bon prix par BNP Paribas ; le holding Dexia est en cours de démantèlement et a laissé la place, en partie, à la banque 100 % publique Belfius ; KBC a été renflouée et semble pour le moment sortie de la zone de danger.
- Publié le 23-03-2013 à 06h00

"Le déclenchement de la crise financière et économique a accéléré la recomposition du paysage bancaire belge", écrivait en octobre dernier Anne Vincent, chercheur au CRISP. Sans surprise, les gros acteurs ont particulièrement souffert. "Le poids des quatre principales banques du pays (BNP Paribas Fortis, Dexia, KBC et ING) a été globalement réduit au cours de la période, tandis que de nouveaux groupes étrangers montaient en puissance et que de nouveaux canaux de collecte de l'épargne se développaient."
Les petites institutions bancaires ont su profiter de la rupture de confiance des citoyens envers les grosses structures, qui contrôlent encore tout de même 80% du marché belge. "En ce qui concerne les dépôts d'épargne, les grandes banques (à l'exception d'ING Belgium) ont perdu des parts de marché par rapport aux acteurs de petite taille ou de taille moyenne, ainsi que des spécialistes qui opèrent sur Internet."
Et Anne Vincent de poursuivre: "Cette réduction de la part des grandes banques est aussi la conséquence de la tendance accrue des clients, depuis 2008, à répartir leurs placements entre plusieurs institutions, ce qui profite aux banques axées plus particulièrement sur le private banking."
Les grandes banques ne restent évidemment pas sans réagir: " Leur recentrage sur le marché belge après les déboires à l'étranger se traduit par une exacerbation de la concurrence."
Ce qui n'est pas sans conséquences. L'emploi dans le secteur bancaire est ainsi passé de 64 425 unités en 2008 à 60 665 en 2011. Une réduction d'effectifs qui s'explique en partie par le transfert de personnel à l'intérieur même des groupes en restructuration. Mais pas seulement. Les banques doivent diminuer leurs effectifs en raison "d'une politique de réduction des coûts de distribution, stimulée par le développement de la banque par internet". Les différents plans sociaux actuellement en cours sont là pour le rappeler.
F.-X. G.
