L'État revend 25% de ses actions BNPP
Le gouvernement a décidé de réduire sa participation dans BNP Paribas de 25%. De quoi faire rentrer environ deux milliards d'euros dans les caisses.

- Publié le 04-05-2017 à 06h00

Près de dix ans après avoir volé au secours de Fortis, alors première institution financière du pays, le gouvernement a décidé hier après-midi de céder une partie de l'investissement douloureux que le contribuable belge avait dû consentir à l'époque.
L'État belge s'est accordé mercredi, au cours d'un comité ministériel restreint, pour se délester d'un quart de sa participation dans BNP Paribas. Depuis la revente de l'ancien fleuron bancaire belge au groupe français en octobre 2008, notre pays était devenu le premier actionnaire du groupe français avec une participation de 10,3%, soit l'équivalent de 128 millions d'actions. Lorsque l'opération sera bouclée, la Belgique ne détiendra "plus que" 7,8% de l'entité.
"Cette transaction nous permet de gagner sur les deux tableaux, s'est réjoui le ministre fédéral des Finances, le nationaliste flamand Johan Van Overtveldt. D'un côté, nous parvenons à réaliser une plus-value importante en procédant à cette vente. De cette manière, nous contribuons de façon importante au désendettement et nous limitons notre risque à l'égard du secteur financier.
De l'autre côté, je tiens à faire remarquer que seule une partie de la participation est réalisée parce que nous attachons de l'importance à notre participation à long terme dans BNP Paribas, en particulier pour l'importance économique de cette banque dans notre pays."
L'opération devrait permettre à l'État de faire rentrer 2,1 milliards d'euros dans les caisses publiques, si l'on se base sur le dernier cours de Bourse. Une bouffée d'argent frais bienvenu qui devrait donc être consacré au désendettement de l'État. Celui-ci avoisine les 450 milliards d'euros (plus de 106% du PIB belge)!
Une option qui ne fait pas l'unanimité. Certains (lire ci-dessous) suggèrent de profiter de cette manne pour relancer les investissements mis à mal ces dernières années par l'intransigeance budgétaire européenne. Car le fruit de ces investissements pourrait, à long terme, s'avérer plus profitable qu'une simple "opération comptable".
Une transaction (dont le montant exact devait être communiqué au cours de la nuit) qui pourrait n'être qu'un début: il y a quelques jours, le gouvernement a laissé entendre qu'il pourrait aussi valoriser une partie de sa participation dans Belfius, dont l'État possède 100% du capital.
