Sport francophone belge : le prix d'un club qui ferme (édito)
Arnaud Wéry est l'auteur du dossier sur l'évolution des clubs sportifs francophones belges. Il signe l'édito de ce samedi.

- Publié le 03-10-2026 à 08h29
- Mis à jour le 03-10-2026 à 08h32

Prenez André. André est secrétaire bénévole du club de sport de son village. Il le connaît comme sa poche, il y a vécu des victoires mémorables et des défaites. Il s'y fait des amis pour la vie. Et surtout, il s'y sent utile. Mais le club n'est plus au meilleur de sa forme. Le nombre d'affiliés est en baisse, comme le nombre d'écoliers du coin. Les aides financières de la commune diminuent d'année en année. Pendant que la facture énergétique prend le chemin inverse et qu'il faudra bientôt payer une location pour l'infrastructure mise à disposition. L'encadrement sportif s'est amélioré, cela se voit sur le terrain mais aussi dans les dépenses.
À bout de souffle, le club finit par fermer. André ne complétera plus de dossier. Il ne prendra plus place derrière le comptoir à la buvette. Et les affiliés, ils tenteront de trouver un club plus loin.
En 5 ans, selon l'Administration générale du Sport pour les Fédérations sportives reconnues par la Fédération Wallonie-Bruxelles, le sport francophone a perdu 171 clubs. L'histoire fictive d'André aurait pu se passer dans l'un d'eux.
Ces disparitions traduisent, en partie, la fragilité économique d'un secteur. Et mettent en lumière, selon Jean-Michel De Waele : "l'absence d'une politique sportive en Belgique francophone".
Au-delà des bénéfices sportifs et sanitaires, Jean-Michel De Waele insiste sur le rôle social des clubs. Ces structures fabriquent aussi du collectif : des bénévoles s'y rendent utiles, des générations s'y croisent, des enfants y apprennent à gagner et à perdre ensemble.
Une enquête, menée par l'Adeps cette année et à laquelle 1552 clubs francophones, démontrait leur impact éducatif, social et sanitaire largement supérieur aux moyens financiers investis.
La question n'est donc pas seulement de savoir combien coûte un terrain, une salle ou une aide communale. Mais aussi ce que nous coûtera, collectivement, la disparition de ces lieux où l'on joue encore en équipe.
