Les VUSC, ces vétérinaires de l'extrême : "Nous sommes en activité depuis 2021 et avons déjà répondu à plus de 600 appels"
Inondations, incendies ou accidents : les VUSC interviennent aux côtés des secours pour protéger les animaux. Une mission désormais renforcée par l'officialisation de leur ASBL et un subside wallon de 82 000 euros.
- Publié le 23-10-2026 à 18h56

Ce vendredi matin, une épaisse brume enveloppe une grange de la faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Liège. Entre les vaches et les bottes de foin, une silhouette insolite attire les regards : une vache en plastique, couchée sur le flanc, que des intervenants en chasubles bleues s'affairent à remorquer dans une camionnette. Sur leurs tenues, un logo affiche ces quelques mots en anglais : "Emergency Rescue & Disaster Veterinarian", soit "Vétérinaires urgentistes en secours et catastrophes" (VUSC).
Et si l'exercice fictif est pris très au sérieux, les intervenants peinent à cacher leur sourire en cette journée si particulière. "Nous sommes en activité depuis 2021 et avons déjà répondu à plus de 600 appels, mais aujourd'hui, nous devenons officiellement une ASBL", explique Hugues Guyot, coordinateur de la formation VUSC.
C'est quoi les VUSC ?
Depuis 2020, l'Université de Liège, en collaboration avec l'École du feu de la province de Namur, propose une formation de vétérinaire urgentiste en secours et catastrophes. Destinée aux vétérinaires diplômés, elle vise à apporter une expertise spécialisée aux services de sécurité civile — pompiers, Protection civile et police — lors de situations d'urgence impliquant des animaux. En d'autres termes, il s'agit du pendant animalier du SMUR. "À ce jour, plus de 68 vétérinaires ont été formés au VUSC, dont 35 sont opérationnels en Belgique et on espère en voir encore davantage", précise Hugues Guyot.
Quelles sont ses missions ?
Loin des cabinets, ces vétérinaires urgentistes remplissent plusieurs missions, qui se répartissent, comme leur nom l'indique, entre les situations d'urgence et les catastrophes.
Ils interviennent ainsi pour secourir les animaux en danger, mais aussi lorsque ceux-ci représentent une menace pour l'être humain. Ils apportent également leur expertise lors d'opérations de recherche et de sauvetage impliquant des chiens spécialisés dans la localisation de personnes disparues. Enfin, leurs animaux peuvent aussi jouer un rôle de sentinelles, en permettant de détecter certaines maladies ou des contaminations environnementales : "Notre baptême du feu a sans aucun doute été les inondations. Mais nous sommes déjà intervenus lors de plusieurs autres catastrophes, comme des incendies dans des exploitations agricoles ou encore un accident de la route impliquant, de mémoire, un camion transportant 200 porcs. Ce sont des interventions très particulières, avec une charge émotionnelle importante", explique le coordinateur des VUSC.
Des missions d'une importance capitale pour Frédéric Schoenaers, premier vice-recteur de l'Université de Liège, qui salue l'officialisation de l'ASBL : "Cela exige des compétences, de la préparation et une véritable coordination entre les acteurs. La force de cette action collective réside dans la capacité à dépasser les frontières professionnelles et institutionnelles, à conjuguer les savoirs vétérinaires pour intervenir efficacement et protéger tant les animaux que les personnes", souligne-t-il.
Des moyens financiers restreints?
Une ASBL peine souvent à assurer sa viabilité financière et doit s'appuyer sur les dons ou le bénévolat pour poursuivre ses activités. Bien souvent, une subside est dès lors attendue pour assurer sa pérennité. Une bouffée d'oxygène financière qui vient aujourd'hui soutenir les VUSC : "Pour le moment, nous n'avons aucun moyen financier, mais nous avons eu la chance d'obtenir une aide financière du gouvernement wallon de 82 000 euros", se réjouit Hugues Guyot.
Ce subside permettra notamment de financer la gestion quotidienne des activités et l'achat de matériel de protection individuelle. Une aide saluée par le ministre-président wallon, également en charge du Bien-être animal, présent lors de l'inauguration de l'ASBL :"C'est une mission essentielle, d'autant plus en période de crise, comme on a pu le constater lors des inondations de 2021 ou récemment dans les Fagnes, où les équipes sont intervenues pour s'occuper des animaux. On a donc décidé de soutenir cette initative", conclut-t-il.
