COP17 : le monde en retard sur la protection de la biodiversité, la Belgique aussi

À Erevan pour la COP17, les États doivent accélérer sur la protection de la biodiversité. Alors que la Belgique aussi accuse du retard, le ministre Crucke y défendra un meilleur financement pour sa protection.

Pollution, destruction des habitats, changement climatique,...: la pression sur la biodiversité pourrait entraîner la disparition de 1 million d'espèces dans les prochaines dizaines d'années.
Pollution, destruction des habitats, changement climatique,...: la pression sur la biodiversité pourrait entraîner la disparition de 1 million d'espèces dans les prochaines dizaines d'années. ©AFP or licensors

C'est une COP dont on parle moins que celle sur le climat qui a débuté lundi à Erevan. Pourtant, cette 17e conférence des parties (COP17) sur la biodiversité n'est sans doute pas moins importante que la COP31 qui, elle, se penchera sur les enjeux climatiques du 9 au 20 novembre à Antalya, en Turquie. Car sans une nature en bonne santé, il sera bien plus difficile encore de contenir le réchauffement climatique et de s'y adapter.

Or, la nature elle ne va pas bien. Sur les 8 à 10 millions d'espèces animales et végétales de la planète, un million pourraient disparaître dans les prochaines décennies selon les scientifiques qui évoquent une sixième extinction de masse.

Les 200 pays qui sont représentés en Arménie feront notamment le point sur les avancées (ou pas) concernant les 23 objectifs fixés à la COP15 de Montréal en 2022. Parmi les mesures phares à concrétiser pour 2030, il y a la conservation de 30 % des zones terrestres et marines ou la restauration de 30 % des écosystèmes dégradés.

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Peu avant ce rendez-vous arménien, et malgré quelques progrès enregistrés, un rapport de l'ONU a déjà prévenu qu'"à moins que la mise en œuvre collective ne s'accélère rapidement, les objectifs et la mission fixés pour 2030 ne seront pas atteints".

Et dans un autre rapport publié lundi et consacré à l'océan Atlantique, Greenpeace estime qu'au rythme actuel, il faudra… 265 ans avant que 30 % des océans soient protégés. L'ONG appelle donc les gouvernements à combler de toute urgence leur retard. Et en ne se contentant pas de surfaces théoriques, de "réserves naturelles de papier".

Le ministre Crucke pour défendre le fonds de Cali

En Belgique, les réserves naturelles ne sont pas de papier, mais Greenpeace rappelle que l'état des sites naturels protégés au niveau européen dans notre pays compte parmi les plus mauvais d'Europe. Une affirmation validée par les données de l'Agence européenne pour l'environnement. Alors que Jean-Luc Crucke, ministre fédéral de la Transition environnementale, se rendra à la COP17 de lundi à jeudi prochain, Greenpeace rappelle aussi que la Stratégie nationale pour la biodiversité 2030 de notre pays contient "peu d'objectifs mesurables et d'échéances concrètes" et que la Belgique n'a pas respecté la date limite (1er septembre 2026) pour soumettre son plan national de restauration de la nature à la Commission européenne.

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Pour ce qui est de la Stratégie 2030, le ministre Crucke rappelle que l'essentiel des responsabilités est aux mains des régions. Pour ce qui est de la sienne, le ministre des Engagés s'embarquera pour Erevan afin d'y porter une priorité en particulier : "le financement de la biodiversité", dit-il. À cette COP17, il veut "renforcer l'efficacité et la crédibilité" du Fonds de Cali. Un mécanisme qui vise à faire contribuer les entreprises tirant des bénéfices de l'utilisation des informations génétiques numériques au financement de la protection de la biodiversité. Concrètement, les entreprises pharmaceutiques, cosmétiques ou biotechnologiques qui utilisent les informations génétiques des plantes, des animaux ou des micro-organismes pour développer des médicaments, des produits ou des technologies sont invitées à verser l'équivalent de 0,1 % de leur chiffre d'affaires ou 1 % de leurs bénéfices annuels. Un dispositif sur base volontaire donc. Chez nous, le ministre a déjà pris l'initiative de réunir les acteurs économiques et scientifiques belges, puis européens, pour favoriser leur participation à ce mécanisme. Et une première entreprise belge, E-BIOM, a récemment annoncé son engagement à y contribuer. Un timide début, mais un symbole fort dans les bagages du ministre Crucke puisque la société spécialisée dans l'analyse de l'ADN environnemental fait partie des trois seules au monde qui ont décidé de contribuer à ce Fonds de Cali.

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