Les cimetières wallons polluent-ils les nappes phréatiques et les sols ? Le ministre Coppieters interpellé ce mardi au parlement
Deux ans après une étude qui a identifié des risques de pollution des sols et des eaux souterraines liés aux cimetières, la députée PS Sabine Roberty interroge ce mardi le ministre wallon de l'Environnement sur les mesures de surveillance mises en place.

- Publié le 13-10-2026 à 06h30

Nos cimetières peuvent-ils être une source de pollution des cours d'eau, des nappes phréatiques et des sols ? La réponse est oui, du moins potentiellement, comme l'a montré une étude publiée il y a deux ans par la Politique scientifique fédérale belge (BELSPO), sur la base d'une analyse cartographique de 2 330 cimetières civils et 63 cimetières militaires en Wallonie. L'étude a également porté sur 1 578 cimetières civils et 184 cimetières militaires en Flandre.
À trois semaines de la Toussaint la députée PS Sabine Roberty exhume cette étude pour interroger ce mardi en commission du parlement wallon le ministre Yves Coppieters (Les Engagés).
Dispose-t-on d'une connaissance suffisante de l'état des sols et des eaux souterraines aux abords des cimetières ? Des données ou études spécifiques ont-elles été réalisées depuis la publication du rapport ? Le gouvernement envisage-t-il un état des lieux ou un screening ciblé des sites présentant les caractéristiques les plus susceptibles de favoriser un transfert vers les eaux souterraines ? Ces enjeux sont-ils aujourd'hui intégrés dans les procédures de création, d'extension ou de réaffectation des cimetières ?
Sabine Roberty voudrait des réponses du ministre de l'Environnement et elle s'interroge plus particulièrement sur les 16 cimetières wallons (12 civils et 4 militaires) qui présentaient des caractéristiques justifiant des investigations supplémentaires : proximité d'un cours d'eau à moins de 20 mètres, voisinage d'une zone faiblement drainée et nécessité de vérifier la présence d'une nappe phréatique à moins de deux mètres de profondeur.
Pesticides et métaux lourds
Sur cette base, lors de l'étude, cinq cimetières ont fait l'objet de prélèvements et d'installation de piézomètres pour un suivi de pollution. Il s'agit des cimetières civils de Villers-Deux-Eglises, Amberloup (Sainte-Ode), Gozée (Thuin) et les cimetières militaires de Neuville-en-Condroz et Tintigny.
Ce qui ne signifie pas que les autres sites sont exempts de tout risque. En l'absence de mesures sur place, leur éventuelle contamination demeure inconnue, l'évaluation initiale reposant essentiellement sur une analyse cartographique des facteurs de vulnérabilité. C'est la raison pour laquelle la députée socialiste souhaite savoir ce que le ministre a mis ou compte mettre en place.
C'est que les pollutions identifiées ou très probables, selon BELSPO, ne sont pas négligeables. On parle de pesticides et herbicides (notamment des résidus issus du dichlobénil interdits depuis des années et dangereux pour la santé et l'environnement ont été mesurés sur 13 des 15 sites examinés), de métaux lourds issus de la dégradation des cercueils, d'arsenic et de mercure qui étaient autrefois utilisés comme conservateurs pour le bois des cercueils, de formaldéhyde issu de pratiques d'embaumement ou de bactéries et virus libérés lors de la décomposition des corps.
Changement pour les cercueils et les housses d'ensevelissement dès ce 1er novembre
Une nouvelle réforme relative aux sépultures entre en vigueur le 1er novembre. L'une d'elles concerne les cercueils mis en pleine terre. Ils devront désormais être fabriqués en bois massif ou en matériaux biodégradables. Pour les inhumations en pleine terre, les housses d'ensevelissement (sans cercueil donc) seront également autorisées. Elles devront être biodégradables, permettre la décomposition naturelle dans un délai de cinq ans maximum et répondre à d'autres critères techniques (étanchéité, gestion des gaz, filtre olfactif,…)
