Ratons-laveurs: "Ça devient une plaie !", aussi en Entre-Sambre-et-Meuse
"Ça devient une plaie": les ratons laveurs prolifèrent dans le sud du Hainaut, où les Communes tentent de limiter les dégâts.
- Publié le 20-10-2026 à 11h52
- Mis à jour le 20-10-2026 à 16h13

Le raton laveur gagne du terrain en Wallonie, mais sa présence reste très inégale. En Hainaut, le sud de la province est confronté à une invasion. Si le Hainaut reste moins touché que les provinces de Liège et de Luxembourg, Chimay et les abords du lac de Virelles font face à une prolifération de ratons laveurs. Dans une réponse écrite à la députée Caroline Taquin, la ministre Anne-Catherine Dalcq en charge de la Ruralité, de la Nature et des Forêts, confirme que l'animal fréquente davantage les zones boisées que les espaces urbains, sans avancer de chiffres permettant de mesurer l'évolution du phénomène.
Poubelles fouillées, potagers pillés, attaques contre les volailles, greniers investis et tapage nocturne: le portail wallon de la biodiversité détaille les nuisances de ce voisin encombrant. Attiré par la nourriture et les abris disponibles, il peut parfois prendre ses habitudes à proximité des maisons. Mais les dégâts ne s'arrêtent pas aux jardins et aux poulaillers: la faune sauvage subit aussi sa présence.
À Sivry-Rance, l'échevin de l'Environnement Alain Lalmant résume la situation:"Ça devient une plaie." La Commune prête trois cages, disponibles au service Travaux depuis cinq à six mois. "Elles circulent", explique-t-il, sans disposer d'un bilan précis de leur utilisation ni des captures. Les particuliers s'appuient aussi sur les chasseurs locaux, le coût du recours à un vétérinaire constituant un frein.
À Montbliart, des caméras ont repéré dix à douze ratons laveurs sur un même site, rapporte l'échevin. Des traces d'escalade vers les nids ont également conduit à protéger des nichées de cigognes. Faute de comptage communal, l'ampleur de la population reste toutefois difficile à mesurer.
La riposte se prépare au niveau régional
À l'Aquascope de Virelles, réserve naturelle de 115 ha, une campagne de piégeage avait été organisée du 17 mai au 17 juin 2025, autour de l'étang. Au total, 21 pièges, de type "couvre-patte", avaient été disséminés par un piégeur professionnel, sur cinq stations et sur un tiers seulement du site. Résultat: 50 ratons laveurs avaient été pris en un mois ! Un chiffre qualifié de "très inquiétant".
À l'échelle régionale, la riposte se prépare."Chargée d'élaborer une stratégie, l'Université de Liège a remis une première version du plan de gestion des ratons laveurs", précise la ministre. Ce document doit encore être finalisé et soumis à enquête publique avant une adoption annoncée pour 2027. Dans l'intervalle, le Département de la Nature et des Forêts poursuit ses interventions. Ses services ont été consultés durant l'été sur leurs besoins en équipements et leurs expériences de terrain.
Les Communes seront associées à la gestion de l'espèce et à l'information des habitants. Sans attendre ce cadre, la prévention commence à domicile: ne pas nourrir les ratons laveurs, fermer les poubelles, éviter de laisser des aliments accessibles et protéger les accès aux greniers ou aux cabanes de jardin. L'objectif est de ne leur offrir ni couvert ni refuge.
