Les sauveteurs au bord des piscines, bientôt de l'histoire ancienne ? "C'est complètement fou !"
La Flandre songe à faire sauter l'obligation de brevet de sauvetage pour les surveillants en piscine. Une aberration, dénoncent les fédérations de sauvetage.

- Publié le 21-10-2026 à 17h07
- Mis à jour le 21-10-2026 à 17h26

Les sauveteurs vont-ils disparaître du bord des piscines en Belgique ? Au nord du pays, les règles pourraient changer d'ici peu. Plusieurs médias flamands attirent l'attention sur la potentielle suppression, dans les textes qui régissent les règles pour les piscines flamandes, de la nécessité d'avoir à tout prix un sauveteur formé au bord des bassins. Concrètement, un surveillant pourrait être suffisant. Sans formation ni brevet spécifique donc.
Pour la fédération flamande de sauvetage, c'est la douche froide. Elle a d'ailleurs lancé une action sur son site internet pour contrer la proposition. Côté francophone, c'est également l'incompréhension. "C'est complètement fou", résume Denis Ulweling, directeur administratif de la Ligue francophone belge de sauvetage. "Sauveteur en piscine, c'est un métier à part entière : il y a la surveillance bien sûr, mais aussi le fait de connaître son infrastructure et son public pour anticiper les choses et intervenir en cas de nécessité."
Problème de pénurie ?
En Wallonie, le brevet supérieur de sauvetage aquatique (BSSA) est indispensable pour "les personnes responsables de la sécurité des baigneurs" dans la plupart des bassins, précise l'arrêté du gouvernement wallon en vigueur. Et les "sauveteurs responsables" doivent recevoir "au moins une fois par an un entraînement obligatoire aux méthodes de premiers soins, de réanimation et de sauvetage". Pour Denis Ulweling, avoir ce brevet et être continuellement formé permet d'éviter les drames. "Un surveillant qui n'a pas de formation, il ne saura pas prêter assistance à l'usager", souligne-t-il. Or, "les premières secondes et premières minutes sont cruciales en cas de noyade".
"Un surveillant qui n'a pas de formation, il ne saura pas prêter assistance à l'usager."
Il rappelle également qu'il est attendu d'un sauveteur de "veiller à une surveillance constante et directe. C'est pour ça qu'on demande au moins deux sauveteurs présents dans le bâtiment. Quand l'un fait une réanimation ou donne les premiers soins à un baigneur qui s'est coupé ou a glissé, l'autre peut surveiller le reste du bassin", explique-t-il.
Côté flamand, un argument avancé pour défendre cette proposition, c'est que le métier de sauveteur y est reconnu comme métier en pénurie par le VDAB, équivalent flamand du Forem. En Wallonie, la situation est moins alarmante, rapporte Denis Ulweling. "Pendant l'été et dans certains coins en province de Luxembourg, c'est parfois un peu plus difficile de trouver des sauveteurs, mais de manière générale, on n'a pas ce problème."
