Décès liés à l'hantavirus : une transmission interhumaine en cause ?
L'OMS a dénombré 7 cas présumés d'hantavirus sur le bateau de croisière MV Hondius, a-t-on appris ce mardi 5 mai 2026. En outre, l'Organisation mondiale de la santé soupçonne une "transmission interhumaine". On fait le point sur les derniers développements.
- Publié le 05-05-2026 à 13h22
- Mis à jour le 12-05-2026 à 10h16

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué ce mardi 5 mai 2026 soupçonner qu'il y ait eu une "transmission interhumaine" entre les personnes contaminées à l'hantavirus sur un bateau de croisière néerlandais bloqué au Cap-Vert, ayant fait trois morts.
"Compte tenu de la durée de la période d'incubation d'hantavirus, qui peut varier entre une et six semaines, nous supposons qu'ils ont été infectés en dehors du navire", et "nous pensons qu'il pourrait y avoir une transmission interhumaine parmi les personnes en contact très étroit", a déclaré aux journalistes Maria Van Kerkhove, directrice par intérim du département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l'OMS.
7 cas présumés d'hantavirus
Durant la nuit, l'OMS a annoncé dénombrer à sept cas présumés d'hantavirus identifiés à bord du bateau de croisière.
Lundi, deux cas d'hantavirus ont été confirmés en laboratoire tandis que cinq autres semblent également relever de ce virus principalement transmis à l'être humain par des rongeurs, mais doivent encore être corroborés, a indiqué l'OMS. Trois personnes sont décédées, un patient se trouve dans un état critique et trois autres présentent des symptômes légers, détaille l'agence onusienne.
Les individus ont montré des signes d'infection entre le 6 et le 28 avril.
Les deux premiers passagers décédés – un homme, à bord, le 11 avril ; puis une de ses proches le 26 avril dans un hôpital de Johannesburg (Afrique du Sud) – avaient voyagé en Amérique du Sud avant d'embarquer à Ushuaïa le 1er avril pour la croisière.
Un homme soigné aux soins intensifs
L'homme dont l'état est critique est soigné actuellement aux soins intensifs d'un hôpital sud-africain. Il s'était présenté chez le médecin de bord le 24 avril, alors qu'il montrait notamment des signes de pneumonie. Des tests ont confirmé le 2 mai son infection par un hantavirus. D'autres examens sont toujours en cours.
Une femme atteinte a priori d'une pneumonie est à son tour décédée le 2 mai.
Enfin, trois personnes à bord du navire présentaient des symptômes compatibles (fièvre élevée, problèmes gastro-intestinaux). Ils sont toujours sur le bateau, qui a ancré au large du Cap-Vert. Une équipe médicale évalue leur état et a prélevé des échantillons pour de plus amples analyses.
Au total, 149 touristes et membres d'équipage ont embarqué pour la croisière, dont deux Belges. La plupart des passagers sont britanniques (19), états-uniens (17) et espagnols (13).
Doit-on craindre une épidémie d'Hantavirose si le virus mute ?
"Chaque virus peut muter et devenir plus contagieux, c'est toujours un risque pour n'importe quel virus zoonotique", reconnaît l'infectiologue. Le virus est surveillé, mais les spécialistes n'ont pas réellement de grandes suspicions par rapport à l'hantavirus. "Il se peut qu'il y ait un changement, mais c'est peu probable, car la transmission homme-homme n'est pas efficace."
D'autres grandes familles de virus sont beaucoup plus susceptibles de provoquer une nouvelle pandémie : "Surtout le coronavirus et l'influenza." Néanmoins, il explique que les personnes à bord du MV Hondius vont être suivies, et le virus analysé pour voir s'il y a des mutations.
Cependant le Dr Liesenborghs reconnaît que globalement, le risque de pandémie continue à exister. "Parce que la population mondiale augmente toujours. Et à cause de l'agriculture intensive, il y a une proximité avec des territoires occupés par des espèces sauvages, ainsi qu'une perte de biodiversité. Cela entraîne une disparition de grands prédateurs et laisse l'opportunité aux rongeurs, qui sont vecteurs de maladies, de proliférer."
