Le "Gen Z stare": quand parler devient inutile pour les jeunes
Un regard vide, un roulement des yeux ou encore peu de paroles et une communication par gestes… Des caractéristiques qui définissent le "regard de la Génération Z".
- Publié le 28-09-2026 à 15h00

Une expression silencieuse et vide, un roulement des yeux ou encore peu de paroles et une communication par gestes… Ce sont toutes des caractéristiques qui définissent le "regard de la Génération Z".
Ce cliché d'une génération entière, souvent moqué sur Tik Tok, est-il exagéré ? D'après une étude publiée en juillet et portant sur plus de 2000 personnes venant de plusieurs pays, 300 mots de moins sont prononcés par jour. Deux à trois minutes de conversation disparaissent de notre quotidien par jour chaque année qui passe. Cette tendance est particulièrement marquée chez les moins de 25 ans.
Une parole devenue facultative
Si cette tendance semble particulièrement préoccupante, la découverte s'est faite totalement par accident. Valeria Pfeifer, l'auteure principale de l'étude et professeur de psychologie, était focalisée sur les différences de langages entre les sexes. Et c'est en récoltant des données sur ce sujet qu'elle a découvert que les êtres humains parlaient de moins en moins. Elle s'est concentrée sur une période de quatorze ans pour comprendre le phénomène qu'elle décrit comme "une observation majeure et alarmante".
Il faut dire que la parole a été le moyen de communication principal pendant une majeure partie de l'histoire. Aujourd'hui, dans certains domaines, elle semblerait devenir facultative. Pourtant, le fait de parler est directement lié à notre cerveau et cette baisse pourrait donc avoir des conséquences, selon le Washington Post.
En effet, la locution stimule des régions dans notre cerveau et une hypothèse veut que le fait de parler pourrait être une sorte d'exercice cognitif.
Le cerveau affecté
Si les conversations diminuent, un autre changement se vérifie également. On passe de moins en moins de temps les uns avec les autres. Cela aussi peut affecter notre fonctionnement interne. Des recherches établissent un lien entre les relations sociales, la stimulation cognitive et le fait d'être en meilleure santé.
Un déclin généralisé des conversations pourrait donc avoir de grands changements sur la façon dont le cerveau travaille.
Le Covid serait un des responsables
La Génération Z semble être l'une des plus touchées face à ce nouveau phénomène. Des experts estiment que la pandémie de coronavirus pourrait en partie être responsable. De nombreux jeunes ont manqué des années cruciales de socialisation en présentiel.
De plus, l'usage des technologies est également un facteur. De nombreuses personnes préfèrent le SMS à l'appel. Les innovations nous épargnent des mots prononcés.
Selon Pfeifer, le déclin de la parole est également lié à une baisse de conversations avec les inconnus. Avec ChatGPT et Google pour répondre aux questions, les interactions avec les personnes étrangères ont diminué. Alors qu'elles représentent justement un sentiment de connexion, qui rend généralement plus heureux.
Le déclin de la parole peut donc, en plus d'affecter nos ressentis, véritablement modifier notre cerveau. Une conversation orale nécessite de la mémoire, ce qui n'est pas le cas avec l'écrit.
