Le blé de vos biscuits Pim's et Prince pousse à Ittre, et il est cultivé selon une charte durable
Le groupe Mondelez International, propriétaire notamment de la marque Lu, a développé un programme avec les agriculteurs locaux qui cultivent du blé, comme Carl De Bie à Ittre.
- Publié le 17-06-2026 à 06h00

Si le nom de Mondelez International ne vous dit rien, la multinationale est pourtant omniprésente dans les rayons des magasins, et sans doute dans vos armoires: elle domine le marché du chocolat en Belgique avec des marques comme Côte d'Or et Milka, dépasse les 30% de parts de marché du cream cheese avec Philadelphia, et on la retrouve en première place aussi pour les biscuits avec quelques incontournables estampillés Lu comme Pim's, Prince, Tuc, Chacha ou Bastogne.
Mondelez International emploie 1 800 personnes en Belgique où elle a deux sites de productions: à Namur pour le fromage et les snacks, et à Herentals pour les biscuits et le chocolat.
"Harmony": 14 000 tonnes de blé cultivées en Belgique
Pour fabriquer des biscuits, l'ingrédient principal est le blé et depuis plusieurs années, le groupe a initié, avec les agriculteurs qui l'approvisionnent, un programme spécifique baptisé Harmony. D'abord lancée en France en 2008, la démarche vise un modèle d'agriculture plus durable pour répondre aux défis du changement climatique, du maintien de la biodiversité ou encore de la pression sur les ressources naturelles.
Ce programme a été progressivement mis en œuvre dans neuf pays européens, dont en Belgique. Ainsi, à Ittre, Carl De Bie, à la ferme de la Motte (lire ci-dessous), participe depuis le lancement du projet en 2014. Aujourd'hui, il cultive plus de 8 hectares de blé selon les recommandations Harmony. En plus de transformer son lait et de gérer un magasin à la ferme.
"Quand des gens qui viennent au magasin me disent qu'à l'heure actuelle, on cultive uniquement pour nourrir leurs animaux, je peux leur répondre que s'ils voient le petit logo Harmony sur leur paquet de biscuits, une partie du blé est récolté dans les champs ici, autour de la ferme", sourit-il.
L'an dernier, 158 agriculteurs belges étaient intégrés à ce programme, ce qui représente environ 1 600 hectares et 14 000 tonnes de blé cultivés chaque année en suivant la charte Harmony. Ce blé est stocké à part dans les dépôts, et sa traçabilité est assurée. Il sert uniquement à la fabrication des biscuits.
Concrètement, le programme impose une série de bonnes pratiques comme l'utilisation raisonnée des produits phytos et l'interdiction de certains d'entre eux (glyphosate et les néonicotinoïdes), des rotations pour l'utilisation des parcelles et des cultures de couverture l'hiver, la réduction du travail du sol, la présence de bandes enherbées sur 3% des surfaces…
De quoi limiter l'impact environnemental et améliorer la biodiversité, mais aussi obtenir un blé de meilleure qualité, par ailleurs payé 5 à 10% plus cher que le prix du marché aux producteurs qui se plient aux contraintes de la charte.
Un suivi de terrain, du semis à la récolte
Pour mettre tout cela en pratique, une "Harmony Academy" fait figure de centre d'excellence pour développer les connaissances sur l'agriculture régénératrice. Elle dispense des formations aux exploitants, mène des projets pilotes, et un groupe d'experts indépendants formule des recommandations pour toujours améliorer le processus.
Sur le terrain, des outils sont fournis aux agriculteurs pour digitaliser leurs données et évaluer concrètement les impacts de ces pratiques. Mondelez s'appuie sur Arvesta (anciennement Aveve) et sa marque Walagri pour assurer un suivi de terrain du programme, du semis à la récolte, y compris pour le stockage du blé. Un processus d'audit interne et externe permet de certifier l'ensemble du processus.
Les 14 000 tonnes de blé "Harmony" récoltées en Belgique ne suffisent pas actuellement pour alimenter le site de production d'Herentals, mais Mondelez y ajoute du blé français issu du même programme.

