Braine-le-Comte s'engage dans un bras de fer avec Ittre pour sécuriser des carrefours de la N280 : "Ça ne peut plus durer"
Les Brainois perdent patience, haussent le ton et menacent de cesser toute collaboration si le dossier n'avance pas.
- Publié le 02-07-2026 à 17h28

Les coups de klaxon, les accrochages, les frayeurs du quotidien… À Braine-le-Comte, la patience semble avoir atteint ses limites concernant la sécurité routière à la jonction de la N280 avec la rue du Bois, la rue du Bois de la Houssière et la rue du Roeulx. Après des années de discussions sans issue, la Ville sort ses griffes dans un courrier adressé à la commune voisine d'Ittre. Et le fait de médiatiser le dossier participe aussi à ce changement de stratégie. Les autorités brainoises parlent désormais ouvertement d'un "bras de fer".
Dans la missive adressée au bourgmestre PS d'Ittre, l'échevin brainois de la Mobilité, Pierre-Yves Hubaut (MR), évoque une situation qui "ne peut plus perdurer" devant ce croisement décrit comme accidentogène, où plusieurs accidents graves, dont un mortel, ont été recensés. Braine-le-Comte réclame désormais une prise de position claire de sa voisine et prévient qu'en l'absence d'avancée concrète, elle suspendra sa collaboration sur certains projets communs nécessitant une concertation entre les deux administrations. Une manière d'augmenter la pression, tout en précisant qu'il ne s'agit "nullement d'une volonté de rupture institutionnelle".
Pourquoi ce dossier exige-t-il un accord entre les deux communes ? La situation est géographiquement simple, administrativement complexe. "Un côté de la rue est sur Braine et l'autre sur Ittre", explique Pierre-Yves Hubaut. "On ne demande pas de gros travaux, on veut surtout modifier la circulation pour réduire le risque d'accident. Mais il nous faut l'accord d'Ittre. Or, nous n'avons pas de réponse et cela traîne depuis la mandature précédente."
De son côté, le service Mobilité de Braine a fait son travail. Un récent rapport pointe une visibilité insuffisante à l'insertion sur la nationale et une vitesse élevée sur la N280, réduisant fortement le temps de réaction des automobilistes. Les services communaux considèrent même que le maintien des accès directs actuels "n'est plus compatible avec les impératifs de sécurité routière". Ils préconisent donc des changements de circulation, notamment via des sens uniques limitant les insertions dangereuses.
"Il y a trop d'accidents, trop de tensions. La situation est vraiment tendue, il est temps que cela change", insiste Pierre-Yves Hubaut. Quant aux éventuels détours que le sens unique pourrait imposer aux riverains, l'échevin relativise : "Quelques kilomètres de plus, ce n'est rien comparé au risque d'un accident mortel."
À Ittre, le bourgmestre Christian Fayt dit ne pas comprendre ce coup de pression. Il assure avoir écrit au mayeur de Braine fin avril pour signaler que sa commune attendait la fin d'une enquête publique liée à un projet de lotissement rue du Roeulx, susceptible d'influencer par de nouveaux aménagements la circulation. "Le carrefour est dangereux, personne ne le nie", reconnaît Christian Fayt. Et si ça traîne… "Le SPW avait un projet de piste cyclable sur la N280 qui aurait amélioré la visibilité au carrefour. Il a été retiré du Plan Infrastructures, alors que les appels d'offres étaient lancés." Enfin, sur le scénario du sens unique, le ton diverge franchement : "C'est leur vision à Braine. Mon échevine de la Mobilité ne la partage pas, car cela risque d'augmenter la vitesse. Les gens roulent déjà comme des pétés malgré les aménagements existants."
Dans ce dossier, tout le monde reconnaît le danger. La question n'est plus de savoir si les carrefours sont meurtriers, mais qui, entre Braine et Ittre, assumera politiquement le coût d'agir — ou celui de ne pas l'avoir fait.
