À 71 ans, le pensionné André Flahaut fait sa "rentrée" et distribue les bons points
L'ancien ministre et député André Flahaut analyse la politique belge et distribue les compliments…
- Publié le 03-09-2026 à 15h30

Son absence lors des dernières élections de 2024 n'empêche pas André Flahaut de fêter lui aussi sa rentrée politique. Le ministre d'État observe désormais la politique à mi-distance. Il a néanmoins souhaité fêter la rentrée en délivrant un message: "Il faut recréer du lien entre le citoyen et le politique".
Depuis les locaux de l'Hirondelle, à Perwez, il s'est exprimé sur cette relation de plus en plus compliquée, à l'ère des réseaux sociaux. "Le monde politique est de plus en plus rejeté par la population. On lit souvent"qu'il suffit de"ou"qu'il n'y a qu'à…". Mais on a constaté avec l'incendie dans les Fagnes que le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin (MR) a été critiqué pour s'être rendu sur place, alors que ce n'était pas forcément son dossier. Il l'aurait également été dans le cas contraire. Pour moi, il a bien fait. J'ai toujours répété qu'il valait mieux être critiqué pour avoir agi et avoir été présent. Tout le monde peut se tromper."
Membre du PS pendant une cinquantaine d'années, même si les tensions sont apparues ces derniers mois, il n'hésite pas à mettre en avant les personnalités d'autres partis. À commencer par le Mouvement Réformateur. "Sophie Wilmès a appelé à la nuance. Je crois que c'est effectivement important. Il faut créer des ponts au lieu d'ériger des murs, ne pas s'arrêter aux appartenances politiques, religieuses ou philosophiques. J'ai dernièrement participé à un échange avec Louis Michel (MR) à Incourt, en présence de citoyens, pour démontrer que malgré nos différences politiques, nous renouons le dialogue. On se mobilise sur des projets, plutôt que de se chamailler."
Le Nivellois de 71 ans estime qu'il faut conserver ce lien de proximité entre l'élu et le citoyen. "Et si demain TV Com ou Canal Zoom devait disparaître, il y aurait une vraie rupture en termes de communication directe et de proximité."
Ce constat dressé, il craint que l'invitation du ministre wallon François Desquesnes (Les Engagés) à entamer des réflexions sur de possibles fusions de communes aille dans le sens opposé.
Avis identique sur la suppression des provinces. "À ce sujet, Tanguy Stuckens (député provincial MR) fait un boulot formidable à l'Union des Provinces pour limiter les dégâts. Quand j'entends certains exprimer leur volonté de supprimer une couche de la lasagne institutionnelle, je suis inquiet. Si même les politiques estiment que se passer d'élections serait un signal positif, je n'y comprends plus rien…" Cela risque à ses yeux d'éloigner la prise de décisions et de diminuer la confiance envers l'électeur.
Dans sa distribution des bons points, il n'oublie pas le gouverneur du Brabant wallon, Gilles Mahieu. "Je trouve son initiative BWresponse, ce programme de sécurité civile qui intègre les citoyens, très positive."
Côté Écolo, il retient "l'excellent travail" fourni par l'ancien député fédéral Simon Moutquin, désormais actif auprès de Greenpeace.
Enfin, il invite aussi les écoles à s'engager dans ce processus de rapprochement avec les institutions et le monde politique, pour transformer les jeunes en citoyens. "Cette citoyenneté doit être explique à l'école, pour mieux comprendre notre société et ses mécanismes. Sinon, on est dans un phénomène de rejet."
"Je ne m'ennuie pas"
Comme on pouvait s'y attendre, le ministre d'État et président honoraire du parlement fédéral de Belgique, ne se contente pas de ce rôle d'observateur. "Ma vie de pensionné ? Je ne m'ennuie pas, sourit-il. En plus de suivre ce qui se fait au niveau régional et fédéral, je passe beaucoup de temps sur l'international."
En janvier dernier, il avait d'ailleurs orchestré la visite de la ministre de l'environnement de la République Démocratique du Congo au recyparc de Wavre. "Dans le cadre d'une mission inversée, elle est venue voir la station d'épuration et l'intercommunale chargée du tri des déchets, puis s'est rendue à l'université de Liège, Anvers et Gand, pour différents échanges. J'ai aussi organisé sa rencontre avec le ministre Crucke (Les Engagés) avec qui j'ai de bons contacts et qui est compétent dans cette matière."
D'autres ponts ont été créés avec le Bénin ou le Gabon, dans cette région de l'Afrique qu'il affectionne particulièrement. "Je mets aussi tout en œuvre pour que la nécropole française de Chastre devienne un lieu de rassemblement pluriculturel. Dans ce cimetière reposent des soldats morts durant la seconde guerre mondiale, originaires du Sénégal, d'Algérie, de Tunisie ou du Maroc, notamment."
