"Premier arrivé, premier servi" : Bruxelles fait voter un texte pour protéger les boîtes de nuit de nouveaux voisins procéduriers

Un texte a été voté au Parlement bruxellois, inspiré de Londres. L'atténuation de l'impact acoustique incombera au dernier arrivé : le propriétaire d'une boîte de nuit qui s'installerait dans un quartier, ou, a contrario, le propriétaire qui s'installe à côté d'un établissement de fête.

Belga
Le Fuse, mythique discothèque techno des Marolles, a été dans la tourmente après qu'un voisin s'est longtemps plaint des nuisances sonores.
Le Fuse, mythique discothèque techno des Marolles, a été dans la tourmente après qu'un voisin s'est longtemps plaint des nuisances sonores. ©ÉdA – Julien RENSONNET

La commission du développement territorial du Parlement bruxellois a adopté lundi 20 avril 2026 à l'unanimité (10 "pour" et cinq abstentions) une proposition d'ordonnance pour mieux encadrer le bruit lié aux boîtes de nuit.

Le texte, dont la première mouture avait été déposée à la fin de l'année 2024, repose sur le principe du "premier arrivé, premier servi", sans remettre en cause le respect de deux arrêtés bruxellois existants relatifs au bruit. Les auteurs se sont notamment basés sur le principe de l'"agent of change" déjà en vigueur à Londres. Il s'agit de protéger les résidents de nouveaux immeubles situés à proximité des lieux de sortie contre les nuisances sonores. Les projets de développement qui n'ont pas clairement démontré comment les impacts sonores de la vie nocturne seront atténués et gérés sont refusés.

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En d'autres termes, l'atténuation de l'impact acoustique incombera au dernier arrivé: le propriétaire d'une boîte de nuit qui s'installerait dans un quartier, ou, a contrario, celui d'un projet résidentiel ou hôtelier qui devra prendre les mesures qui s'imposent dans le cadre d'une demande de permis de construire ou de rénovation lourde.

20 mètres

La proposition d'ordonnance vise à modifier dans ce sens certaines dispositions du Code bruxellois de l'aménagement du territoire et du Code du Logement.

Il est également question de rendre obligatoire de notifier la présence d'une discothèque ou d'une salle de concert, dans le cadre d'une vente, d'une mise en location, etc.

Le texte est le fruit de nombreuses auditions organisées au fil des mois et de la sollicitation de l'avis du Conseil d'Etat, dont il a été tenu compte pour limiter strictement le dispositif aux activités de clubbing - initialement, le spectre était plus large -, et le périmètre concerné par le dispositif: 20 mètres au lieu de 50.

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La plainte d'un voisin du Fuse

Le politique s'est mobilisé après la fermeture temporaire, en janvier 2023, du Fuse, boîte de nuit du centre de Bruxelles, à la suite de la plainte d'un voisin ayant acheté une maison adjacente quelques années auparavant. Cette annonce, révélatrice de la fragilité du secteur face aux règles environnementales en vigueur, avait suscité l'émotion des amateurs de clubbing, mais également bien au-delà. Une pétition initiée par la fédération Brussels By Night pour sauver le Fuse avait récolté quelque 68.000 signatures en quelques jours.

Quelques mois plus tard, le clubbing a été inscrit à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel de la Région de Bruxelles-capitale.

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