Marche prend le pouls de sa démocratie: les habitants vont être sondés
Marche-en-Famenne fait partie des quatre communes wallonnes où la démocratie sera analysée. 1 000 habitants seront, dans un premier temps, abordés.
- Publié le 10-07-2026 à 15h25

Savez-vous ce qu'est le Démomètre ? Non ? Il s'agit d'une plateforme dont l'objectif sera de faire l'état des lieux de la démocratie dans la commune. "Un thermomètre de la démocratie", comme expliqué lors de la séance communale du dernier conseil marchois.
Marche-en-Famenne fait partie des quatre communes wallonnes à avoir été sélectionnée pour mener ce projet en 2026, avec Verviers, Mons et Yvoir.
L'outil fournira les points forts et d'amélioration
Le point a été soumis par le conseiller communal et président du Conseil consultatif de la participation citoyenne, Jacques Malisoux. Il explique d'abord l'intérêt de la démarche, qui vise principalement à renforcer le sens de la démocratie participative. "Cela s'avère indispensable car la confiance entre les citoyens et leurs institutions est un bien précieux mais fragile, justifie-t-il. Et vu que la démocratie est mise à mal partout dans le monde, nous avons décidé d'agir dès l'échelon local."
La démarche est portée par l'ASBL Citoyenneté et Participation et financée, à un peu plus de 10 000 €, par le Fonds de la Loterie Nationale pour la démocratie.
Alors concrètement, comment cela va-t-il se passer ? Un questionnaire sera d'abord proposé à tous Marchois, qu'ils soient élus, habitants, agents de l'administration ou commerçants. Ceux-ci seront interrogés sur quatre grands piliers comme la confiance envers les élus, la transparence et l'accès à l'information, l'intérêt de la participation citoyenne ainsi que la cohésion sociale et la collaboration entre les différents acteurs de la commune.
"Il s'agit d'un outil d'auto-évaluation qui donnera, pour chaque pilier, un score de 1 à 4, explique Manon Roelandts, chargée de projets pour l'ASBL. L'outil fournira ensuite des points forts et des points d'amélioration afin d'avoir une vue d'ensemble de la démocratie à Marche-en-Famenne. L'objectif est de fournir un indicateur clair et accessible à tous."
Les habitants tirés au sort
Le projet sera mené en plusieurs étapes sur une période de trois mois. Le questionnaire sera disponible du 7 septembre au 18 octobre sur la plateforme belgique.demometre.org.
Ensuite, un tirage au sort de 1000 habitants sera réalisé sur base du registre de la population. Ceux-ci recevront un courrier via lequel ils seront amenés à dire s'ils sont intéressés et disponibles pour aller plus loin dans l'expérience. Sur base des réponses reçues, un nouveau tirage de 30 personnes sera effectué en septembre.
Les heureux élus seront ensuite invités à participer à deux ateliers participatifs, en plus de cinq élus et cinq agents communaux. Durant ces ateliers, qui se tiendront en novembre et décembre, ce panel se penchera sur les résultats et les pistes d'amélioration très concrètes, après avoir analysé les réponses des citoyens au questionnaire, pour pouvoir dynamiser la démocratie sur le territoire. Les résultats seront ensuite divulgués en janvier 2027. Pour chacun des ateliers, les participants seront dédommagés à hauteur de 25 €. Un service de babysitting sera également proposé aux parents qui auraient des difficultés à faire garder leurs enfants durant les ateliers.
Des plaintes déposées après des menaces sur des agents
Alors que l'échevin Christian Ngongang propose que tous les partis soient représentés parmi les cinq élus qui participeront aux ateliers, le conseiller MR (min.) Willy Borsus se demande pourquoi la Ville de Marche-en-Famenne a été choisie.
Olivier Lanotte, de l'ASBL Citoyenneté et Participation, répond : "Une fois au courant du subside dont nous disposions pour mener ce projet, nous avons lancé un appel et Marche-en-Famenne a été l'une des premières Villes à nous avoir répondu. Nous voulions des communes de différentes provinces, de majorité et de taille différentes."
Willy Borsus suggère aux porteurs de projet de ne pas hésiter, dans les questions, à aborder le processus consultatif relatif à la Place aux Foires, "et voir comment les gens ont réagi, dit-il. C'est un exemple concret puisque cela a mobilisé fortement les citoyens, dans un sens comme dans l'autre."
Faut-il interdire les commentaires sur les réseaux sociaux ?
Il évoque encore le fait de couper la possibilité d'émettre des commentaires sur les publications de la Ville sur sa page Facebook, et pourquoi pas de confier à un avocat le soin d'étudier de possibles poursuites à l'encontre de celles et ceux qui expriment des avis injurieux. Le bourgmestre Nicolas Grégoire répond que la Ville a récemment sollicité un avocat après que des agents communaux aient subi des menaces verbales et physiques, "ce qui est inacceptable, affirme-t-il. Nous verrons ce que cet avocat nous conseille, plusieurs plaintes ont en tout cas été déposées."
Quant au questionnaire, Olivier Lanotte explique qu'il est identique à toutes les communes qui participent au projet. "Mais par contre, des choses plus locales ressortiront pendant les deux ateliers", dit-il. Willy Borsus insiste encore sur le fait que la démarche, pour qu'elle soit crédible, doit être sans fard. J.M.
