Huit jeunes loups sont nés en Wallonie, dans le massif d'Anlier
Huit louveteaux ont été observés en forêt d'Anlier (Habay), confirmant la première reproduction connue de la meute installée dans le massif.
- Publié le 05-09-2026 à 06h00
- Mis à jour le 05-09-2026 à 12h44

Après l'observation récente d'au moins cinq louveteaux dans le massif forestier de Saint-Hubert début de semaine, c'est au tour de la forêt d'Anlier de confirmer la reproduction du loup sur son territoire.
Huit louveteaux y ont été observés, attestant de la première reproduction connue de la meute installée dans le massif. Des images récentes confirment la présence de cette nouvelle portée.
Selon les informations disponibles, la meute évolue principalement dans le nord de la forêt, entre Louftémont, Behême, Gennevaux, Ebly, Traimont, Fauvillers et Vlessart, avec quelques observations ponctuelles du côté d'Habay-la-Vieille et d'Heinstert.
Au Service public de Wallonie, Nicolas Yernaux confirme l'information tout en précisant qu'une communication plus complète suivra prochainement. "À partir du moment où un couple est installé durablement sur un territoire, la reproduction était attendue. Ce n'est donc pas une surprise, même si les images permettent aujourd'hui de la confirmer". Cette naissance relance toutefois les interrogations sur les risques pour les élevages.
La meute de Saint-Hubert, en vidéo :
Le porte-parole du SPW invite à la prudence. "Ce n'est pas parce qu'il y a davantage de loups qu'il y aura automatiquement plus d'attaques. Ce n'est pas mathématique. L'expérience observée ailleurs montre même parfois l'inverse. Dans les Hautes Fagnes, nous avons constaté moins d'attaques alors que le nombre de loups avait fortement augmenté. Les éleveurs se protègent davantage et la meute s'organise différemment". Nicolas Yernaux rappelle néanmoins que la période actuelle reste sensible, les jeunes loups étant en phase d'apprentissage de la chasse jusqu'à l'automne. "Nous comptons surtout sur la prévention et sur les aides mises à disposition des éleveurs. L'objectif reste d'anticiper les problèmes plutôt que d'avoir à les gérer après coup."
Loups et élevages : un défi commun pour les communes
À l'instar de ses homologues d'Habay et de Fauvillers, le bourgmestre de Léglise, Simon Huberty, suit avec attention l'évolution de la meute installée en forêt d'Anlier. Pour le mayeur, l'enjeu est désormais l'adaptation du territoire. "Le loup est là et il va falloir vivre avec, explique-t-il. Chaque commune ne pourra pas agir seule, il va falloir une véritable coordination entre tous. Il est important de pouvoir accompagner les éleveurs afin de maintenir les exploitations dans nos villages".
À l'approche d'une période jugée plus sensible, il appelle à anticiper : "La question n'est pas d'être pour ou contre le retour du loup. C'est une réalité. L'important est de s'adapter rapidement à cette cohabitation, sans attendre qu'un problème survienne", conclut-il.
Plusieurs attaques recensées
Ces dernières semaines, plusieurs attaques sur des moutons ont été recensées dans les secteurs de Saint-Hubert, Tenneville, Bande, Champlon et Laneuville. La plus récente a touché un troupeau de treize bêtes à la Croix de Journal (Tenneville). Un mouton a été retrouvé mort, un autre a dû être euthanasié et un troisième a succombé à ses blessures quelques jours plus tard. Plusieurs animaux ont également été blessés. Propriétaire du troupeau et échevin à Tenneville, Ludovic Collard refuse toutefois de céder à la panique. Il déplore néanmoins le manque de communication des autorités compétentes concernant ces attaques à répétition et, plus largement, la situation du loup dans le massif de Saint-Hubert. "Je tiens à souligner la rapidité d'intervention de Natagriwal après l'attaque, explique-t-il. Ils se sont montrés très réactifs pour me proposer des solutions afin de renforcer la protection de mon troupeau", précise-t-il.
