Philippe Boxho rêvait d'avoir son personnage dans Pierre Tombal... Le 5e volet de la "Boxho mania" parmi les événements de la rentrée?
En s'infiltrant dans une salle d'autopsie, "Post Mortem" illustre ce que le lecteur devait jusqu'ici s'imaginer seul, en lisant les livres du légiste Philippe Boxho. Ce 5e volet de la "Boxho mania" s'annonce comme un événement de la rentrée.
- Publié le 05-09-2026 à 20h00

Ce cinquième volet de la "Boxho mania" s'annonce comme un événement de la rentrée. "Post Mortem" illustre ce que le lecteur devait jusqu'ici s'imaginer seul, en lisant les livres du médecin légiste Philippe Boxho, qu'on ne présente plus.
Depuis toujours, Philippe Boxho rêvait d'avoir son personnage dans Pierre Tombal. L'auteur de bande dessinée Pierre Alary (Silas Corey, Belladone) lui offre cette expérience de son coup de crayon.
Interview.
Quatre livres, des podcasts, des conférences… Et maintenant, une bande dessinée ?
C'est une idée de mon éditeur, Dimitri Kennes. Il a toujours été fan de BD. Son rêve était d'en faire à partir de mes livres. Étant moi-même bédéphile, je lui ai dit "pourquoi pas". Au départ, Pierre n'était pas chaud. Il ne voyait pas comment aborder le sujet. Puis, il a trouvé le petit personnage orange, qui le représente. C'est lui qui m'interpelle avec un ton parfois agaçant, parfois déplacé, parfois un peu décalé. Il m'a bien croqué, je trouve. Il m'a rajeuni, ça c'est gentil tout plein. Et il m'a supprimé mon bide, donc je ne peux que l'aimer.
Avec toutes vos autres activités et votre ancienneté, vous n'allez plus sur les scènes de crime. Pensez-vous tomber à court d'anecdotes ?
Là, j'ai fait le tour. Vous savez, je n'ai pas de mémoire. Il y a des affaires que l'on m'a rappelées, et je ne me souvenais pas de les avoir eues. Puis, là j'ai fait quatre bouquins, je commence à saturer dans la rédaction. J'en ai marre. Je n'ai pas envie de faire le cinquième, j'avoue. J'ai déjà la table des matières, tout ce qu'il faut… Mais je n'ai pas envie.
Vous avez tout de même un polar en préparation.
Oui, mais ce n'est pas moi qui l'ai écrit. C'est Martin Michaud, un auteur de thriller québécois. Mon éditeur lui a proposé d'écrire un roman sur ma vie de médecin légiste, sur base des histoires déjà parues dans les bouquins. Le livre est prêt, il est juste génial. C'est un type formidable, Martin Michaud. Il a vécu deux semaines avec moi, du matin au soir. Lui non plus, il n'a pas vu d'autopsie. C'était son regret, d'ailleurs.
Vous avez travaillé avec un dessinateur, un écrivain, des journalistes… Tout un monde que vous ne connaissiez pas.
C'est génial, hein ! Je rencontre des gens que je n'aurais jamais rencontrés sans cette aventure — j'appelle ça une aventure, car toutes les aventures ont une fin. J'ai rencontré ceux qui lisent mes livres, ceux qui les vendent. J'ai des étoiles plein les yeux de ce que j'ai vécu. Mais d'un autre côté, ce n'est pas ma vie, tout ça. Je ne deviendrai jamais un artiste, je suis là pour raconter ce qu'est la médecine légale. Si ! Il y a un truc que je peux faire, c'est avoir un caméo dans un film. Ça, j'aimerais bien.
Vous pensez vous retirer de la vie médiatique ?
J'espère retourner un jour dans l'anonymat. Avec mon éditeur, c'est mal barré.
Ça ne fait pas ses affaires…
En même temps, ça fait les miennes aussi. Mais je n'ai aucun projet, on me les amène. Moi, je m'en fous. Je vis très bien comme professeur d'université, comme intellectuel judiciaire. C'est ça que j'aime. Le reste, c'est un plus dans la vie. C'est aussi un moins, je n'ai jamais eu autant d'ennemis. Mais un jour, mon éditeur n'aura plus d'idées et ça va s'arrêter. Pour le moment, je le suis. Parce que ce sont de bonnes idées et des expériences à vivre.
