Messages sur les trottoirs, chaîne humaine et corrections en rue : la révolution des craies a résonné à Bastogne par les profs contre la réforme
À Bastogne, des profs de l'INDSé, en grande majorité, et de l'athénée ont mené plusieurs actions ce mardi en ville ce mardi 28 mai 2026. La révolution des craies viendra-t-elle à bout de la réforme tant décriée de la ministre de l'Enseignement Valérie Glatigny ?

- Publié le 26-05-2026 à 20h35

Le combat continue pour les profs face à la réforme voulue par la ministre Glatigny ! Ce mardi à Bastogne, comme dans d'autres endroits de la province, des enseignants de l'INDSé, en majorité, et de l'athénée ont manifesté via plusieurs actions symboliques et pacifiques pour mener la "Révolution des craies".
Du côté de l'athénée, c'est un piquet de grève, de 7 h 30 à 8 h 30, qui a ouvert la journée, avant que celle-ci ne se déroule normalement pour les élèves, alors que des arrêts de travail y ont déjà été réalisés jeudi et vendredi. Seuls 5 profs y ont fait grève toute la journée.
Une autre action était menée dès le début de la matinée par les manifestants des différentes écoles, qui se sont réunis au rond-point Liège-Bastogne-Liège pour installer un barrage filtrant en distribuant des tracts et en expliquant les raisons de leur colère."Dans la grande majorité, la population nous a écoutés et nous soutient", souligne Delphine Liégeois, prof à l'INDSé 2e et 3e degrés et membre du collectif (apolitique) Mars Attacks, actif en Fédération Wallonie-Bruxelles depuis mars.
Les manifestants, toujours armés de pancartes, de craies et dans le calme sous un grand soleil, ont ensuite réalisé, quelques dizaines de mètres plus loin, une chaîne humaine depuis l'entrée de l'INDSé 2e et 3e degrés jusqu'à la porte du Batopin et ses distributeurs d'argent, "pour montrer que nous nous accrochons à notre métier, même s'il est aspiré par l'économie et les économies, illustre Delphine Liégeois. L'enseignement ne doit pas être analysé en termes de chiffres et de bénéfices. La ministre parle chiffres sans penser à l'humain et au bénéfice pour nos jeunes à long terme. Car si cette réforme passe, cela va impacter négativement les profs, mais aussi les élèves !"
Leur arme, les craies
À l'INDSé, c'est une dizaine d'enseignants qui risquent de perdre leur emploi, dont certains en place depuis de nombreuses années. Ce mardi, ils étaient une bonne soixantaine venus de Notre-Dame pour participer aux différentes actions. C'est que ces dernières se sont poursuivies tout au long de la journée! Les profs ont sorti leurs craies devant l'église, puis en remontant la grand-rue jusqu'à la place McAuliffe, pour grimer tout en couleurs les trottoirs et la route de mots de contestation, du "Non" au "Nuts" et bien d'autres messages adressés à la ministre de l'Enseignement. Avec un arrêt devant l'hôtel de Ville, "pour demander aux Engagés de respecter leur promesse de campagne et ne pas mettre en place cette réforme". Un rendez-vous a par ailleurs été fixé plus tard avec Benoît Lutgen.

En fin de matinée, ils se sont ensuite installés devant l'INDSé 2e et 3e degrés et le Musée de la Grande Ardenne pour réaliser, comme cela a déjà été mené à Arlon et Virton, à des corrections de copies, "pour montrer ce travail invisible que certains décideurs semblent oublier". Amandine Fairon, l'une des profs de l'INDSé à la base de cette journée et membre de Mars Attacks, tire un bilan positif:"Beaucoup de gens ont dit qu'ils soutenaient notre action. Avec aussi énormément de réactions à nos posts sur les réseaux sociaux. Deux mouvements, "Parents Attacks" et "Students Attacks", s'organisent d'ailleurs à Bastogne. Nous avons fait entendre la voix du terrain. Celle que la ministre n'écoute pas. Et nous continuerons tant qu'elle ne fera pas marche arrière."
Quant aux élèves de l'INDSé, qui était bien ouverte, leurs horaires ont été aménagés et rassemblés en fonction des professeurs non-grévistes. "Pour les autres profs, nous avons expliqué aux élèves les raisons de nos actions et ils nous soutiennent, assure Delphine Liégeois. Et nous leur avons donné du travail à réaliser chez eux à la place, sachant qu'avec les outils actuels, nous pouvons les aider à distance durant la journée." Correction en papier ou aide en ligne, même en manifestant, ces profs assure leur rôle avec passion. Et espère ne pas la voir s'envoler à cause d'une réforme dont ils ne veulent clairement pas.




