L'aménagement cyclable de la rue Valenciennoise, à Mons, fustigé par l'association Avello: "Un projet dangereux et non conforme"
Le groupement citoyen s'interroge sur l'utilisation de subsides régionaux par la ville et questionnera le collège communal.
- Publié le 19-07-2025 à 10h01

L'intention était belle. Mais pour Avello, il s'agit surtout d'une occasion manquée et d'un beau gâchis. Alors que les travaux de la rue Valenciennoise viennent de se terminer, l'association citoyenne qui "porte la voix des cyclistes en Belgique francophone" fustige l'aménagement cyclable qui y a été réalisé.
"Ce qui devait être un aménagement cyclable de qualité, financé en grande partie par la Région wallonne pour promouvoir le vélo au quotidien, se révèle être un projet mal exécuté, dangereux et non conforme aux engagements votés par le conseil communal", peste le groupement. En 2021, ce dernier validait la création d'une piste cyclo-piétonne bidirectionnelle. Une enveloppe de 400 000 euros était dégagée tandis que la ville décrochait un subside de quelque 75 % dans le cadre du Plan d'Investissement Wallonie Cyclable (PIWACY).
"Les cyclistes devront se frayer un chemin dans le trafic motorisé"
"Nous étions en droit d'attendre un aménagement aux normes. Il faut rappeler que l'endroit est problématique. Aux heures de pointe, le quartier est souvent congestionné par les parents qui déposent leurs enfants devant l'école." Pour décongestionner les lieux et encourager les usagers actifs, les abords de l'école devaient être aménagés via une piste cyclable continue et sécurisée, sur toute la longueur de la rue, connectant ainsi le ring aux écoles, à l'hôpital et au nouveau quartier Fariaux qui accueillera à terme 1 000 personnes.
Aujourd'hui cependant, la déception est grande. "Sur papier, le projet est ambitieux. La réalité, c'est une piste non conforme, sans signalisation ni lignes blanches discontinues, qui s'arrête brutalement à la moitié de la rue, rejetant les cyclistes sur la chaussée, à contresens du trafic automobile. L'aménagement ne prévoit même pas d'accès sécurisé à la piste cyclable en venant du Boulevard Kennedy. Aux heures de congestions, les cyclistes devront se frayer un chemin dans le trafic motorisé pour rejoindre leur itinéraire cyclable."
Le collège interpellé
Avello n'hésite pas à parler d'effets d'annonce et se questionne sur "l'usage des subsides wallons par la ville de Mons et le respect des engagements pris." "Le résultat obtenu va à l'encontre de l'objectif en établissant une discontinuité cyclable et des risques inutiles à proximité d'une école." L'association va dès lors interpeller la majorité LB-PTB-Ecolo et "exiger des réponses claires."
"Pourquoi le projet initial, présenté à Avello, n'a-t-il pas été respecté ? Comment la ville justifie-t-elle l'utilisation d'un subside de 300 000 euros pour une piste qui ne couvre que la moitié de la rue ? Pourquoi le chantier est-il inauguré alors que le marquage et la signalisation pour les cyclistes n'ont pas été réalisés ? Quelles mesures seront prises pour sécuriser les réinsertions dangereuses face à la circulation et assurer les continuités manquantes au niveau du boulevard Kennedy et de la rue Fariaux ?"
Maintenir le double sens de circulation
Du côté de la majorité LB-PTB-Ecolo, on se justifie et on précise que le pouvoir subsidiant a maintenu son intervention malgré l'évolution du projet. "Nous avons décidé de maintenir le double sens de circulation pour les automobilistes du fait de la présence de l'école et de l'hôpital", explique Catherine Houdart (LB), échevine de la mobilité.
"Dans la première partie de voirie, la largeur permettait ce double sens et l'aménagement d'une piste cyclable en site propre. Ce qui n'était en revanche pas le cas dans la seconde partie de voirie. Elle sera de ce fait considérée comme "Rue Cyclable", tout comme la rue Fariaux. Des panneaux de signalisation seront installés en ce sens après les congés du bâtiment. La cohabitation entre automobilistes et cyclistes sera nécessaire."
Ce concept de rue cyclable sera par ailleurs une première à Mons. Une autre est à l'étude du côté de Nimy.
