La croissance de WalloWash passe par un hangar… et des crispations
De Walcourt à (sans doute) un zoning. En passant par un hangar du centre de Beauraing. Le concept WalloWash grandit, mais à la rue de la Genette, beaucoup ne veulent pas de ce voisinage.
- Publié le 23-08-2019 à 08h12

Le concept WalloWash: des produits de nettoyage écologiques, et les appareils de distribution de ces derniers, capables de réaliser les "mélanges" à la demande du consommateur. L'idée revient à Fabrice Willems, qui l'a d'abord lancée à Yves-Gomezée (Walcourt).
Ça marche, la croissance est là. Mais sans savoir où s'arrêtera la courbe. Tout simplement car l'habitant de Han est seul dans un secteur qu'il a imaginé. Son but à terme: s'installer dans des locaux adaptés à la taille que son entreprise aura atteinte. Avec un grand point d'interrogation: "Aurais-je besoin de 1 000, 2 000 ou 3 000 m2?" Il verra. En attendant, dit-il, "je suis comme un Bernard-l'Hermite". L'animal qui adapte sa carapace au fur et à mesure qu'il prend de l'envergure.
Fabrice Willems a plongé sur des locaux libres à la rue de la Genette, dans le centre de Beauraing. Un hangar qui fut précédemment lieu de stockage d'une enseigne de meubles. Trouver un tel espace, "c'est rarissime", nous explique-t-il. Il a signé le bail en juin, il s'installe: "J'ai toujours un pied à Yves-Gomezée. Dès mon arrivée, j'ai demandé le permis". Un permis de classe 2, nécessaire même pour la fabrication de produits écologiques.
"Jusqu'en 2021, au plus tard"
À terme, martèle l'entrepreneur, son but sera de se poser, par exemple sur le zoning de Beauraing. Pas trop loin de chez lui, et proche de la France, un marché en expansion. Et d'annoncer qu'il restera à la rue de la Genette, au maximum durant deux ans.
L'enquête publique portant sur l'autorisation sollicitée par WalloWash s'est terminée jeudi matin. Il apparaît qu'un nombre très significatif d'habitants de la rue de la Genette a fait part de craintes. Elles ne portent pas sur les produits fabriqués, mais sur le stockage de matières premières, potentiellement corrosives du point de vue des plaignants, et sur les processus de fabrication. Argument: une savonnerie, même écologique, c'est de la chimie.
Le cheminement administratif suit son cours. Fabrice Willems situe principalement les craintes "du côté de deux voisins immédiats". Il veut rassurer: "On utilise uniquement des produits d'origine végétale et minérale, des extraits d'huile, des sels. Même les rejets d'eau sont extrêmement limités, on travaille en circuit fermé. Sur un an, on rejette moins d'eaux usées qu'un ménage".
Mais pour les riverains qui sont intervenus en cours d'enquête publique, "la mise en œuvre d'une entreprise de saponification doit inciter à la prudence".

