Affiches électorales brandies à la marche de Furnaux: "Puissions-nous encore rire", réplique l'élu
Au dernier conseil, un élu de la minorité interrogeait: est-ce bien légal de brandir des affiches électorales dans un cortège folklorique ? Le 1er échevin Aurélien Laffineur rappelle justement l'importance du contexte potache de la fin de la marche, généralement mal comprise par les spectateurs étrangers au folklore local.
- Publié le 22-10-2026 à 12h22
- Mis à jour le 22-10-2026 à 13h08

Fallait-il faire tout un pataquès de l'affaire des affiches électorales brandies dans le cortège de la marche de la Nativité de Notre-Dame, à Furnaux, début septembre ? Non, selon le 1er échevin Aurélien Laffineur, à qui appartenait ce reliquat d'affichages de la campagne d'octobre 2024. En fait, c'est l'absence d'une simple explication donnée, comme nous l'a livrée mardi Aurélien Laffineur, qui a fait déborder cette séquence en dehors de son cadre bon enfant.
Jeudi soir, le 1er échevin Laffineur, dans la mire du sniper Adam, n'a pas pu répliquer, le bourgmestre refusant tout débat ? Ce dévoué à son clocher, et adjudant de la compagnie défilant chaque année en l'honneur de Notre-Dame de la Nativité, recontextualise donc: "J'ai été très surpris. Je ne pensais pas que quelques vieilles affiches, ressorties par des amis, allaient susciter un tel émoi politique et journalistique, plus de deux ans après les élections communales", situe-t-il. Il précise n'être ni à l'initiative de cette blague ni informé de ce qui allait se faire.
Comment le "mal" est-il arrivé ? "Quelques amis, marcheurs, qui dormaient à la maison, ont retrouvé ces panneaux électoraux dans ma remise et ont trouvé amusant de les ressortir comme étendards", poursuit-il.
Dans les "considérants" de ses questions, l'élu Jean Adam a peut-être poussé le bouchon un peu loin, voyant le mal où il n'y en avait pas. Il a considéré "que cette démarche, (de brandir des affiches électorales dans le cadre d'une manifestation publique), apparaît comme une opération de communication à caractère particulièrement populiste visant à associer l'image d'un candidat à un événement populaire de la vie locale." Jean Adam, virulent opposant de la majorité Icap, y a donc vu une instrumentalisation de la marche, et de la voie publique, à des fins partisanes, ce qui soulève selon lui un problème de déontologie par rapport aux règles encadrant la propagande politique.
Sur ces "considérants", Aurélien Laffineur estime que Jean Adam mélange des règles électorales, des considérations déontologiques, "et surtout des considérations purement personnelles. Or, nous sommes complètement hors période électorale. Je rappelle donc qu'aucune loi ni aucune règle n'ont été transgressées."
"L'après-midi fifille"
Il entend par contre les éventuelles considérations éthiques, "puisqu'il s'agit d'une photo portrait (le sien) ressorti complètement du contexte !"
Le contexte, venons-en: "C'était le lundi de marche, lors de l'après-midi "fifille"(l'air de la fifille), qui est propice aux blagues et à la parodie. On parle des affiches électorales, mais on passe sous silence d'autres photos où ces mêmes affiches ont été gribouillées quelques minutes après, des photos de statues farfelues portées en guise de faux saints, d'hommes portant la jupe de leur femme", se défend-il.
Bref, en conclusion, "c'était juste une blague, de l'autodérision, comme on en retrouve dans nos marches folkloriques le lundi. Il n'y avait aucune volonté de faire de la publicité électorale, encore moins d'organiser une quelconque opération politique (ce dont on peut être certain). Nos marches doivent être des lieux de rassemblement où les convictions politiques des uns et des autres passent au second plan."
Il présente cependant des excuses aux personnes que la plaisanterie a choquées.
De son moment de solitude au conseil, jeudi soir, le 1er échevin veut retirer un espoir: que l'humour et le second degré ne désertent pas les rangs de nos traditions populaires. "Que nous puissions encore cultiver l'autodérision et rire de nous."
Les réseaux sociaux sont les grands responsables de cette polémique. Sans Facebook et consorts, les photos incriminées seraient restées dans le cercle restreint, voire familial de la marche de Furnaux. Mais elles ont circulé et rebondi potentiellement partout, jusqu'à atterrir dans l'arène du conseil communal. Aurélien Laffineur, trentenaire, en maîtrise pourtant les codes et en a fait un canal essentiel de sa communication (avant la presse). Cette fois, ces réseaux se retournent contre lui. La viralité n'a pas joué en sa faveur.
Morale de l'histoire: à l'époque des algorithmes, une blague de potache n'est jamais tout à fait à l'abri de devenir une affaire politique, et c'est bien triste.
