Taekwendo |Un peu plus d'un an après sa médaille aux JO, Sarah Chaari a retrouvé l'anonymat : "C'est bien de tourner la page, si belle soit-elle"
La Carolorégienne de 20 ans, Sarah Chaari, médaillée de bronze olympique, dispute le Mondial ce week-end, en Chine.
- Publié le 25-10-2025 à 13h00

Disparue ? Pas du tout ! Mais, après avoir été très sollicitée par les médias suite à sa médaille de bronze olympique à Paris (la première d'un(e) Belge en taekwondo), Sarah Chaari est retombée (sans regret) dans un certain anonymat. La Carolorégienne de 20 ans a bien entendu repris les cours (elle est en quatrième année de Médecine à ULB-Erasme) et les entraînements. Les compétitions aussi. Ne la cherchez plus en -67 kg, sa catégorie olympique, mais en -73 kg, où elle est déjà n° 1 mondiale !
Depuis les JO, entre fin octobre 2024 et fin septembre 2025, Sarah a disputé dix compétitions avec un bilan exceptionnel de huit médailles d'or, une d'argent, aux Jeux universitaires, et une cinquième place, à Charlotte (États-Unis), mi-juin, en pleine session d'examens. De bon augure avant le Mondial ce week-end, en Chine, son premier vrai rendez-vous d'après-Jeux…
Sarah, depuis la cérémonie sur le balcon de l'hôtel de ville de Bruxelles, on vous a moins vue, moins entendue…
C'est vrai ! C'est simplement dû au fait qu'il y eut moins d'occasions de parler de moi. Les JO furent un énorme événement, qui a suscité beaucoup d'engouement. Et ma médaille a contribué à une nouvelle notoriété, à la fois pour moi et pour le taekwondo, un sport relativement peu connu. À l'époque, beaucoup de gens se sont intéressés à la discipline. Mais c'est normal que ça redescende aussi. Ceci dit, je garde un excellent souvenir de mon premier rendez-vous olympique. La réception à l'hôtel de ville de Bruxelles avec les médaillés et les sportifs ayant terminé dans le top 8 aux Jeux de Paris fut un moment très sympa. J'ai pu échanger avec d'autres. Sinon, l'ambiance au village olympique était très chouette, même si je n'y ai fréquenté personne en particulier. Ce fut plus via les réseaux sociaux. Je poste de temps en temps sur mon compte Instagram.
N'êtes-vous pas troublée, peut-être vexée, de cet anonymat ?
Non. C'est normal. C'est bien de tourner la page, si belle soit-elle, pour revenir dans le chemin où j'étais auparavant pour retourner en compétition. Et puis, je n'aime pas non plus trop m'exposer. J'avoue que je n'étais pas très à l'aise quand j'étais invitée sur les plateaux de télévision, comme au JT. Dans ma carrière, les JO ont été une étape de plus, c'est sûr. Mais, dans ma vie, je suis comme avant ! Je suis revenue à mon train de vie habituel, en quelque sorte, à savoir les études et les entraînements.
Depuis les Jeux de Paris, vous avez participé avec succès à dix compétitions. Racontez-nous…
J'ai repris les tournois internationaux, disons classiques, qui sont la base en taekwondo pour se qualifier à l'Euro ou au Mondial, qui ont lieu une année sur deux. Et, cette année, c'est le Mondial !
"Je suis montée de catégorie, de -67 kg à -73 kg, pour être plus à l'aise."
Vous êtes montée de catégorie, de -67 kg à -73 kg. Pourquoi ?
Disons, naturellement. La vie, en quelque sorte. J'avais du mal à me maintenir à -67 kg. Après les JO, j'ai décidé de monter. Je sais que les -73 kg ne sont pas une catégorie olympique et que je devrai choisir entre + 67 kg ou -67 kg pour Los Angeles. Sur un plan purement sportif, la stratégie n'est pas la même, la préparation non plus. Je dois m'adapter, mais c'est toujours le même sport !
Deviez-vous vous astreindre à un régime alimentaire ?
Oui ! Mais c'était supportable. Je voulais simplement être à l'aise dans ma catégorie, aussi par rapport à mes études. Ne pas sans cesse veiller à mon alimentation. Donc, voilà…

Vous continuez à concilier les études et le sport de haut niveau. Est-ce que ça fonctionne toujours bien ?
J'essaie de m'organiser. Là, c'était la rentrée. Je devais veiller à ce que tout se mette en place parce que c'est un nouveau cycle d'études. J'espère que ça roulera comme avant…
Où vous entraînez-vous ?
À la fois à Erasme et à la Forêt de Soignes, certains soirs et pendant les vacances universitaires. Les jeunes s'y entraînent également. Et ils sont de bons partenaires, même si c'est un autre style, parce qu'ils sont plus forts, plus rapides. C'est un avantage. Maintenant, c'est vrai qu'en Belgique, je manque de partenaires d'entraînement. Avec mes études, c'est compliqué pour moi de partir deux ou trois semaines à l'étranger. Alors, on essaie d'inviter d'autres nations, surtout avant un rendez-vous comme le Mondial.
Comment se porte le Tollyo Academy, votre club ?
Bien ! Nous organisons un tournoi, fin novembre. J'y serai, mais pour encourager, pas pour combattre. Le club évolue bien. C'est là que s'entraînent mes frères aussi.