Du statut de remplacé à celui de héros, Amine Boukamir (Charleroi) raconte sa folle semaine : "Il n'y a rien de mieux comme sensation"
Sorti à la mi-temps contre Louvain, Amine Boukamir a endossé le costume de héros à Lommel au terme d'une semaine dingue qu'il nous raconte.
- Publié le 19-08-2026 à 13h02

Ne comptez pas sur Amine Boukamir pour s'enflammer. Le joueur de 19 ans a beau avoir marqué son premier but en pro à Lommel, synonyme de trois points ô combien importants pour Charleroi, son calme marquait l'étroite zone mixte du Soeverein Stadion.
"Cela fait plaisir, encore plus quand on marque pour Charleroi, sourit-il, comme preuve d'attachement auprès de son club formateur. J'en ai inscrit quelques-uns chez les jeunes mais pas des aussi importants."
On ne prend pas de risques en affirmant qu'ils n'étaient pas non plus aussi beaux que ce dimanche. Décalé à gauche, à l'entrée de la surface, le milieu de terrain a décoché une frappe flottante et puissante qui allait compter.
"Le ballon est venu sur moi, j'ai contrôlé et je ne me suis pas posé de questions. C'est une situation qu'on travaille beaucoup à l'entraînement avec Frank Defays."
Son remplacement ne l'a pas perturbé
Au moment de faire les comptes, Boukamir voyait bien que l'ensemble des voyants étaient au vert, contrairement à la semaine précédente contre Louvain. "Le tir est bien placé et c'est le but de la victoire. Il n'y a rien de mieux comme sensation. Je ressens de la fierté car ce n'était pas facile de sortir à la mi-temps il y a sept jours mais je pense que j'ai répondu comme il fallait."
Une riposte sportive au goût de son entraîneur, tout heureux de constater la réaction de sa jeune pépite après son remplacement à la pause pour Isaac Cissé face à OHL. "Si ce n'est pas le Amine qu'on avait l'habitude de voir, ma décision n'avait pas été prise parce qu'il était le plus mauvais, justifie Kohnen. Je voulais installer une autre dynamique et c'était un bon choix mais aujourd'hui, il a montré qu'il avait le niveau. Au-delà de son but, il était aussi très fort défensivement. C'est une journée parfaite pour lui et pour nous."
Bon, ce n'est pas à domicile. J'aurais bien aimé marquer au Mambourg.
Avec 63 % de duels gagnés (5/8) dont 100 % de réussite dans ces joutes défensives (3/3), le numéro 6 a excellé dans la bataille du milieu de terrain aux côtés de Khalifi. "Ce n'est pas facile de remplacer des cadres comme Titraoui et Camara mais on s'en est bien sorti avec Yassine durant la préparation et les deux premières rencontres de championnat."
Pour sa première, le duo avait surpris positivement l'ensemble des observateurs pendant la phase classique lors du choc wallon au Mambourg l'an dernier. Au point où on s'était demandé s'ils avaient déjà évolué ensemble avec le Maroc chez les jeunes tant leurs automatismes sautaient aux yeux. "Nous n'avions jamais joué à deux. Par contre, on a eu directement cette connexion en se comprenant vite. On pratique le même football."
A-t-il douté cependant d'enchaîner avec son compatriote alors que Cissé avait réalisé une bonne entrée, à sa place, lançant notamment Freddy Mbemba sur la troisième réalisation sambrienne ?
"Non, jamais même si ce n'était pas facile à gérer. Dans ces moments-là, on ne peut rien faire d'autre que d'accepter les choix du coach mais dans mon tempérament, j'ai conscience de mes atouts. Ce n'est pas comme si j'avais fait non plus une prestation catastrophique. Mon remplacement lors de la première journée représentait davantage un choix tactique que le coach m'a expliqué."
"Je ne crois pas qu'il doute beaucoup, confirme Kohnen. Il dispose d'un caractère où il sait ce qu'il doit faire. Quand tu es un jeune joueur, ce sont des faits dans ta carrière qui arrivent. C'était un premier moment charnière qu'il devait négocier et quand tu réagis ainsi, tu grandis."
La vie sans son frère
Comme celui où il a dû digérer le départ de son grand frère vers la Louvière. "Ça me change un peu car Mehdi m'a tout appris. Je l'ai suivi dans les catégories de jeunes, il m'a intégré ensuite dans le noyau A. Il m'aide encore énormément car je le vois encore tous les jours à la maison, se marre-t-il. Je n'ai pas encore eu le temps de consulter mon téléphone mais je crois bien qu'il m'a déjà envoyé un message."
Pour célébrer le premier grand moment de sa carrière avec un but qui en appelle d'autres, même si ce n'est pas ce qu'on lui demande en premier.
"Bon, ce n'est pas à domicile. J'aurais bien aimé marquer au Mambourg", esquisse-t-il en faisant presque la fine bouche. À lui de réitérer ça dans son jardin, dès samedi face à Malines, pour avoir définitivement le sentiment du devoir accompli.
