"Comment une telle violence est-elle possible ?" : le quartier de Bruxelles Nord sous le choc après le meurtre de Driss Atounane, tué dans un tram
Place Liedts, c'est encore le choc plusieurs jours après le meurtre de Driss Atounane, tué dans le tram 55 après avoir voulu aider une femme importunée. "On n'arrive pas à y croire. Tout le monde est choqué."

- Publié le 28-07-2026 à 14h31
- Mis à jour le 28-07-2026 à 17h47

"Quelle tristesse ! Il aide une femme dans le tram et se fait tuer comme ça, pour rien." Place Liedts, chez Guler Fresh, des clients font leurs emplettes, l'air de rien. Certains ont la mine sombre. Des poignées de main s'échangent avec le personnel endeuillé. "Des gens viennent exprimer leurs condoléances", explique Yahia, qui travaille dans l'enseigne "depuis très longtemps".
Jeudi dernier, vers 15 h, un des gérants de l'établissement, Driss Atounane, a perdu la vie dans le tram 55, qui circulait chaussée de Helmet à Schaerbeek. Alors qu'une femme se faisait agresser et était apparemment l'objet d'insultes à caractère raciste de la part d'un homme, l'Everois s'est interposé. L'individu l'a frappé à la tête. Des coups qui se sont finalement avérés mortels pour le père de famille, décédé à l'hôpital.
"Tout le monde le connaît ici"
Plusieurs jours après le drame, c'est encore et toujours le choc place Liedts, près de la gare Bruxelles Nord. "Tout le monde le connaît ici", raconte Halil, de chez Sena Home, enseigne présente depuis les années 90 dans le quartier. "On est parmi les plus anciens." Avec son frère, Driss Atounane avait ouvert l'épicerie il y a environ un quart de siècle. Un commerce qui, nous dit-on, est devenu une institution dans le quartier.

"C'était un vrai bosseur", raconte Saïd Benhammou (MR), conseiller communal à Saint-Josse. "Je le connais depuis trente ans. Il faisait les marchés et les braderies. Il était toujours poli, disponible… Un homme avec un grand cœur. C'est ce qui rend ce drame encore plus choquant."
Le commerçant everois, nous disent ceux qui le connaissaient, était plutôt du genre placide. "Il était gentil avec tout le monde. C'était vraiment quelqu'un de bien et de très calme", raconte Guler, qui travaille dans son établissement. "On n'arrive pas à y croire. Tout le monde est choqué. Comment une telle violence est-elle possible ?"

"Ce qui s'est passé à Evere peut arriver demain ici"
L'agresseur a été arrêté par les forces de l'ordre, peu de temps après les faits. Il a été placé sous mandat d'arrêt. "La juge d'instruction a par ailleurs désigné un expert psychiatre afin de procéder à l'examen de l'inculpé", indique le parquet de Bruxelles, qui "rappelle que toute forme de violence dans l'espace public entraînera les mesures judiciaires les plus fortes".
D'après la Stib, "des témoignages disent que l'agresseur a tenu des propos racistes". Une information que le parquet ne confirme pas à ce stade.
Mais au-delà de ce drame en particulier, on dénonce, place Liedts, un climat de violence gratuite perpétrée par des personnes désorientées ou sous influence. "Il faut arrêter cette violence", soupire Yahia. "Dans le quartier et rue de Brabant, il y a beaucoup de personnes désorientées. Elles sont dangereuses. Elles entrent dans le magasin et on ne sait pas quoi faire pour les arrêter. On a peur", soupire Halil. "Ce qui s'est passé à Evere peut arriver demain ici", redoute Singh, d'un magasin de téléphones sur l'esplanade schaerbeekoise.