Violences liées à la drogue : Boris Dilliès se défend, "les fusillades ne sont pas arrivées avec mon gouvernement"
La multiplication des fusillades ces derniers jours dans la capitale ne peut être imputée à l'actuel gouvernement bruxellois, s'est défendu mercredi après-midi le ministre-président, Boris Dilliès (MR) devant le parlement régional.

- Publié le 02-09-2026 à 17h47
Interrogé en commission des Affaires intérieures sur la situation sécuritaire à Bruxelles, M. Dilliès s'est notamment vu reprocher par Françoise De Smedt (PTB) et Zakia Khattabi (Ecolo) la réduction des subsides alloués à une série d'associations de terrain actives dans la prévention.
"Les fusillades ne sont pas arrivées avec mon gouvernement", a objecté l'Ucclois, estimant que les millions d'euros investis durant des années par la Région dans ces associations n'avaient pas fournis des résultats particulièrement probants.
Pour le ministre-président aux commandes de la Région depuis un peu plus de six mois à peine, la Région paie en réalité aujourd'hui un manque d'actions depuis plusieurs années déjà.
"Les demandes (du procureur du roi de Bruxelles) Julien Moinil ne datent pas d'hier. Celles-ci avaient déjà été formulées sous le précédent gouvernement avec d'autres partis au pouvoir...", a notamment fait valoir le libéral au cours d'un débat en commission bien plus serein que celui mené en matinée à la Chambre sur le même sujet.
Devant les députés régionaux, le ministre-président a assuré mercredi être pleinement engagé pour améliorer la situation sécuritaire dans la capitale, même si la sécurité n'est pas une compétence régionale, a-t-il rappelé.
"Je fais mon boulot et je suis entièrement à ma tâche. Et tout le monde le fait", a-t-il ajouté, assurant que la Région, les communes mais aussi le Fédéral faisaient aujourd'hui tout leur possible.
Dans l'opposition, Mathias Vanden Borre (N-VA) a estimé que la situation actuelle justifierait le déclenchement de la phase de crise régionale.
"Ca sonne bien, mais à quoi ça servirait? Objectivement, ça n'apporterait rien de plus par rapport à ce qui est déjà mis en place", a écarté M. Dilliès.
Dans la majorité, Sofia Bennani (Les Engagés), mais aussi Pierre-Jean Ghyssels (PS) ont déploré la suppression, il y a plusieurs années déjà, de la police de proximité dans les communes bruxelloises (dites missions "Koban" dans le jargon).
Une critique ici aussi réfutée par le ministre-président. "La stratégie appliquée aujourd'hui est semblable aux Koban, avec le même principe de focus sur certains quartiers", a assuré M. Dilliès.
Celui-ci a aussi rappelé mercredi les mesures issues du récent conseil régional de sécurité (Cores), à savoir le renfort de 40 policiers fédéraux et de 20 caméras mobiles de surveillance, une meilleure coordination entre différents services de police, ainsi que la désignation d'ici six semaines d'un commissaire régional aux drogues.
