Le vétérinaire communal peut prévenir les drames liés à l'agressivité canine, rappelle l'UPV
Après l'attaque de chiens qui a coûté la vie à un enfant de 7 ans, l'Union professionnelle vétérinaire (UPV) plaide pour étendre le réseau de vétérinaires communaux.

- Publié le 16-01-2025 à 18h00
- Mis à jour le 17-01-2025 à 07h05

Une semaine après que les chiens de l'élevage familial ont mortellement blessé le petit Aodren, 7 ans, dont les funérailles ont eu lieu jeudi en l'église Saint-Vincent d'Haulchin (Estinnes), l'Union professionnelle vétérinaire (UPV) appelle les autorités régionales à développer le réseau des vétérinaires communaux.
Ces derniers sont chargés entre autres de "prévenir des situations tragiques en relation avec la détention d'animaux, ou de les gérer lorsqu'elles dégénèrent", précise l'UPV.
Bien que l'arrêté du Gouvernement wallon imposant de nouvelles exigences en matière d'élevages de chiens notamment ait été annulé, le vétérinaire communal y est tout de même attentif, avance Alain Schonbrodt, cosecrétaire à l'UPV.
"Étant informé de ce qui existe sur son territoire, un vétérinaire communal aurait pu se rendre compte de la situation dans laquelle était l'élevage en question, avance le vétérinaire marchois. On n'est pas en mesure de dire actuellement si le drame de Quévy résulte d'un dérapage occasionnel ou bien si l'élevage présentait des problèmes. Les éleveurs auraient pu en tous les cas être conseillés par le vétérinaire communal, se voir recommander des mesures de sécurité particulières…"
Missions "à la carte"
Depuis 2011, l'UPV propose aux collèges communaux de signer une convention, un contrat de prestations avec des vétérinaires, indépendants pour la plupart. Certaines grandes villes dont Charleroi disposent toutefois d'un vétérinaire salarié. Pour l'heure, quelques dizaines de communes wallonnes ont recours aux services d'un vétérinaire. Des services partiellement subventionnés par la Région wallonne.
En quoi consistent-ils ? Il s'agit de missions "à la carte", précise Alain Schonbrodt. "Le projet de convention est tout à fait adaptable, les communes urbaines ne rencontrent pas les mêmes problèmes que les communes rurales. Un centre-ville est rarement le cadre d'une corrida avec un taureau échappé… Le contrôle de la démographie féline est une thématique rurale, celui des pigeons invasifs une problématique urbaine", ajoute-t-il.
Le vétérinaire communal peut intervenir pour des animaux errants, victimes de maltraitance, accidentés sur la voie publique ou encore pour les troubles de voisinage (bruit, agressivité, hygiène...), la protection de la faune sauvage...
L'atout du vétérinaire communal, c'est son réseau qui lui permet de mobiliser les compétences les plus diverses, celles d'un confrère comportementaliste, expert judiciaire ou d'un vétérinaire urgentiste secours et catastrophes...
"Tout le monde n'a pas les compétences pour maîtriser un python de 5 mètres mais on a tous les contacts qu'il faut pour faire intervenir la personne compétente, résume Alain Schonbrodt. Dès le moment où vous avez un vétérinaire référent qui connaît toutes les adresses et sait tout de suite qui contacter en cas de problèmes, la situation est plus rapidement maîtrisée"
Un cadre de formation et de fonctionnement
Lundi, une délégation de l'UPV a été reçue en compagnie de l'Union des Villes et Communes de Wallonie par le ministre des Pouvoirs locaux François Desquesnes. Objectif de l'entrevue: mieux définir le cadre de formation et de fonctionnement d'un réseau de vétérinaires communaux aptes à quadriller le territoire.
L'UPV a également rencontré le cabinet du ministre wallon de la Santé Yves Coppieters pour évoquer la contribution de la profession vétérinaire à un biomonitoring de la santé animale, en relation étroite avec la santé publique et celle de l'environnement.
Enfin, le ministre-président wallon Adrien Dolimont "a accueilli favorablement notre projet de plateforme interconnectée pour les services de garde vétérinaire ainsi que les conclusions de notre étude de faisabilité d'un service régional de Vétérinaires Urgentistes Secours et Catastrophes, deux avancées sérieuses dans le sens du bien-être animal et de la sécurité publique", conclut l'UPV.
