Le nom du SPF Economie encore usurpé pour une escroquerie : la prime à 5 000 € qui peut coûter très cher

Des escrocs se font passer pour le service public pour soutirer de l'argent à leurs victimes. Les petits entrepreneurs sont ciblés.

 Le courrier envoyé comportait un QR code renvoyant vers le site malveillant.
Le courrier envoyé comportait un QR code renvoyant vers le site malveillant. ©-SPF Économie

Quel est le point commun entre Brad Pitt, le roi Philippe, l'administration fiscale et le SPF Économie ? Tous ont servi d'appât pour attirer des citoyens, des chefs d'entreprise et même des dignitaires étrangers dans leurs filets (lire par ailleurs). Objectif: leur soutirer de l'argent en utilisant la technique de l'hameçonnage (pishing en anglais).

Le principe est relativement simple et désormais bien connu: des fraudeurs se cachent derrière une identité et prennent contact avec leurs victimes au travers d'un message transmis par courrier postal, par mail, par SMS ou messagerie instantanée.

Dans ce message, à chaque fois, se trouve tantôt un appel à l'aide (proche en détresse, enfant malade, etc.), tantôt une bonne nouvelle (gain à la loterie, héritage ou… remboursement du fisc ou d'une entreprise). Parfois, on vous invitera à remettre à jour vos données personnelles.

Un site internet copié

La technique est bien rodée et les arnaques de plus en plus nombreuses. Dernière victime en date, le SPF Économie. Le service public fédéral a indiqué hier que des escrocs usurpaient son nom.

Un classique. Sauf que cette fois, les arnaqueurs ont poussé le détail jusqu'à "créer un site internet complet dans le style du SPF Économie". Ils ont ensuite envoyé à de nombreuses entreprises "un courrier, également rédigé dans le style du SPF Économie, les incitant à visiter le site afin de demander rapidement une prime".

Ce sont des entrepreneurs vigilants qui ont alerté directement le service public fédéral. Si des entreprises ont été ciblées, c'est parce que "les escrocs utilisent des données accessibles au public, telles que le nom et l'adresse de l'entreprise", explique le SPF.

Une prime de 5 000 €

Il s'agissait principalement de "petites entreprises telles que les indépendants, les marchands de journaux, les bureaux de tabac, les commerces de proximité, les coiffeurs, les instituts de beauté ainsi que les prestataires de services aux pouvoirs publics ".

Il faut dire que l'offre est alléchante: une promesse de prime de 5 000 euros. Et pour faire en sorte que les victimes tombent dans le panneau, les escrocs ont eu la bonne idée d'ajouter un second appât: "Seules les 5 000 premières entreprises à réagir seraient éligibles".

Le sentiment d'urgence est donc habilement exploité afin de pousser les entreprises à décider rapidement. "Le SPF Économie ne lancera jamais une offre de primes limitées sur le principe du premier arrivé, premier servi", rappelle pourtant son porte-parole Étienne Mignolet.

Un indice: l'adresse mail

Comme toute arnaque, il y a toujours un point faible pour la déceler, à condition d'y être attentif. L'adresse mail (https://prime.economie.fgov.cloud/) renseignée et accessible au travers d'un QR code ne renvoie par vers le site officiel du SPF Économie ( https ://economie.fgov.be).

Un petit détail qui peut vous éviter une sérieuse déconvenue. On ne l'écrira et répétera jamais assez.


Cinq conseils pour éviter de se faire piéger par les hackers

Il ne se passe pas un jour sans que nouvelles arnaques ne soient dénoncées, toujours plus sophistiques. Le maître des conseils est donc de redoubler de vigilance. Mais quelques éléments doivent vous mettre la puce à l'oreille, rappelle le SPF Économie.

1. Lien douteux "Ne cliquez jamais sur un lien dans un e-mail ou un SMS douteux et vérifiez si le lien renvoie bien vers un site web officiel." En cas de doute, comparez l'adresse du site officiel avec celle mentionnée sur le document ou prenez contact avec l'institution ou entreprise mentionnée.

2. Jamais de données personnelles "Le SPF Économie ou toute autre institution ne demande jamais par e-mail, SMS ou téléphone de mettre à jour des données via un lien non sécurisé, des mots de passe, des noms d'utilisateur, des coordonnées bancaires ou des codes personnels."

3. Messages improbables Certains messages doivent vous alerter, notamment "les e-mails ou SMS inattendus ou d'apparence étrange. Un e-mail à 1 heure du matin doit par exemple attirer l'attention".

4. Signaler les messages Faites un signalement au SPF Économie via ConsumerConnect (https://consumerconnect.be/fr).

5. Transférer le mail Envoyez le mail suspect à suspect@safeonweb.be et supprimez-le ensuite.


Dix millions de messages suspects dénoncés l'an dernier

Aucun secteur n'est épargné par les tentatives d'hameçonnage. Samedi dernier, le parquet fédéral et le Centre pour la Cybersécurité Belgique (CCB) annonçaient que des dignitaires étrangers, des familles belges et des chefs d'entreprise ont été contactés par des personnes se faisant passer pour le roi Philippe. Dans un cas, cela a fonctionné et de l'argent a été versé !

Aucun secteur n'est épargné. Black Friday, bois de chauffage, banques, parquet de Bruxelles, SPF Finances… Tous les prétextes sont bons pour tenter d'escroquer des personnes distraites ou vulnérables.

Rien que l'an dernier, près de dix millions de messages suspects ont été renseignés à suspect@safeonweb.be, selon le CCB. Un chiffre qui est probablement largement sous-estimé, de nombreux citoyens ne prenant pas la peine de renvoyer des messages suspects aux autorités en charge de la lutte contre la fraude en ligne.

Ce flux d'informations s'avère pourtant précieux car il permet d'alimenter le bouclier anti-hameçonnage (le système BAPS) qui permet par la suite d'alerter plus rapidement les citoyens sur les menaces en cours.

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