Édito | Fin de la gratuité des repas scolaires en Fédération Wallonie-Bruxelles : une dynamique brisée
L'accord budgétaire entériné vendredi en Fédération Wallonie-Bruxelles n'a pas infléchi la position du gouvernement en matière de gratuité des repas scolaires. Voici notre édito de ce lundi 12 octobre 2026.

- Publié le 12-10-2026 à 12h30
- Mis à jour le 12-10-2026 à 12h32

Il n'y a pas eu de miracle : l'accord budgétaire entériné ce vendredi 9 octobre 2026 en Fédération Wallonie-Bruxelles n'a pas infléchi la position du gouvernement en matière de gratuité des repas scolaires.
Et d'une voix, ou presque, tous les acteurs de terrain le regrettent. Pas forcément les directions d'école ou les enseignants, qui avaient déjà fait entendre leur inquiétude, ces derniers mois, au sujet des enfants issus des milieux les plus défavorisés, à qui ce système, certes imparfait, garantissait néanmoins un repas sain et équilibré une fois par jour. Mais bien les agriculteurs et éleveurs wallons qui avaient, souvent au sein de coopératives, construit une partie de leurs activités respectives autour de lui.
Depuis huit ans que le projet existait, et avant que l'actuel gouvernement n'y mette fin de façon pour le moins brutale, il avait permis de structurer ces filières, et à certains agriculteurs, notamment, de basculer vers des pratiques plus vertueuses, moins polluantes, qui correspondaient bien aux objectifs poursuivis dans ces domaines par les pouvoirs publics. Une action comme "Manger Demain" ou le plan "Foot Wallonia", poussés par la Région wallonne, sont là pour en témoigner.
En retirant la prise, Valérie Glatigny n'a donc pas fait que supprimer une ligne budgétaire, elle a aussi brisé une dynamique vertueuse pour l'économie wallonne, et qu'on ne peut pas résumer qu'aux commandes aujourd'hui disparues : promouvoir des repas bio et locaux à l'école était aussi une façon d'apprendre aux générations futures, a fortiori à celles qui ne sont pas nées avec les meilleures cartes en main, les bons réflexes en matière d'alimentation. À l'heure où l'on parle, à d'autres niveaux de pouvoir, d'économies sur la sécurité sociale, il apparaît pour le moins absurde de se priver d'un tel outil de sensibilisation.
Un retour en arrière est-il possible ? À court terme, la chose semble peu probable. Mais il y a fort à parier que le sujet s'invitera à nouveau dans les discussions lorsque les prochaines échéances électorales interviendront. Avec le risque, évident, que l'écosystème construit patiemment depuis huit ans se soit grandement évaporé entre-temps, laissant nos éleveurs et agriculteurs à la merci du marché. Et pas mal d'enfants le ventre vide.
