La mission économique en Arabie saoudite avec la reine Mathilde reportée : les conditions de sécurité ne sont pas garanties
La mission économique qui devait, notamment, emmener la reine Mathilde en Arabie saoudite fin novembre est reportée. Les bombardements de rebelles houthis représentent un risque réel pour la sécurité de la délégation.

- Publié le 19-10-2026 à 18h32
- Mis à jour le 19-10-2026 à 18h53

La délégation belge ne se rendra pas en Arabie saoudite pour des raisons évidentes de sécurité. Cette mission économique présidée par la reine Mathilde devait se dérouler du 21 au 26 novembre : elle a été reportée à une date ultérieure. Depuis plusieurs semaines, le SPF Affaires étrangères évaluait régulièrement la situation. Depuis cet été, la capitale Riyad a fait l'objet d'une multitude de bombardements menés par l'Iran et ses alliés les rebelles houthis du Yémen. Le 10 octobre, une explosion au cœur de l'aéroport international de Riyad avait d'ailleurs causé la mort de 12 personnes. Nous avions d'ailleurs interrogé le 6 octobre le SPF Affaires étrangères sur cette mission et il nous avait été répondu que "la sécurité des participants à la mission économique constitue une priorité absolue. La situation sécuritaire fait l'objet d'un suivi permanent par les autorités belges compétentes, en étroite coordination avec les organisateurs et les autorités saoudiennes."
Dans un communiqué envoyé ce lundi en début de soirée aux participants de la mission, le SPF Affaires étrangères précise que la décision de report a été prise "en étroite concertation avec le Palais royal, les ministres compétents pour les Affaires étrangères et le Commerce extérieur, ainsi que les autorités régionales concernées." Selon le communiqué, les conditions de sécurité n'étaient plus requises. "L'évolution imprévisible de la situation et des cibles potentielles des attaques, le départ de Riyad d'une part importante des équipes chargées des préparatifs ainsi que les annulations massives de vols ne permettent pas, dans les circonstances actuelles, l'organisation de la mission dans des conditions adéquates et sûres."

Pas de soutien américain
Des installations pétrolières et des sites stratégiques (comme l'aéroport de la capitale) ont été régulièrement bombardés et l'Arabie saoudite ne semblait pas en mesure de disposer de suffisamment de capacités pour se protéger. La monarchie comptait sur le soutien américain et le prince héritier saoudien avait d'ailleurs sollicité le président Trump pour obtenir son aide. Jusqu'à présent Washington n'avait pas mené de frappes contre les rebelles houthis, laissant la monarchie à son propre sort.
Plusieurs ministres belges
La mission économique belge devait également embarquer des ministres dont celui de la Défense ainsi que des responsables des trois Régions, dont le ministre-président wallon Dolimont, et, bien évidemment, des entreprises et des responsables académiques. Les secteurs clés de cette mission étaient la logistique et l'infrastructure ; les technologies numériques, la santé et les sciences de la vie ; la durabilité et les matières premières critiques, la défense, l'économie créative et l'hôtellerie.
La décision a été longuement analysée car un report ou une annulation pouvaient être considérés comme un mauvais signal à l'attention des autorités saoudiennes. "Cette décision ne remet nullement en cause l'importance que la Belgique accorde à ses relations politiques et économiques avec l'Arabie saoudite. L'intention demeure d'organiser une Mission économique belge au Royaume d'Arabie saoudite à l'avenir." Pour conserver des relations de qualité avec un partenaire clé des futurs développements économiques, le ministre Prévot, en charge des Affaires étrangères se rendra toutefois dans la monarchie à la même période dans le cadre d'une mission diplomatique.