Fin du statut pour les agents wallons : on peut améliorer certains points, mais pas question de faire marche arrière
La réforme de la ministre Galant peut-elle être améliorée ? Les syndicats en sont convaincus. Le dialogue va reprendre. Mais le gouvernement ne reviendra pas sur l'essentiel.

- Publié le 09-07-2026 à 18h05
- Mis à jour le 09-07-2026 à 18h25

"Dans le dossier sensible du statut, aucun argument, aucune discussion, aucune négociation n'est envisagée, hormis le mépris. "
C'est sur cette formule lapidaire, le 19 juin dernier, que le front commun syndical CSC, CGSP et SLFP claquait la porte de la réunion du Comité de secteur XVI. Soit là où se négocie notamment la réforme du statut des fonctionnaires wallons.
Le front commun avait ensuite demandé au gouvernement wallon de trouver un moment pour crever l'abcès, "au vu du mauvais climat social".
Ça s'est passé ce jeudi matin à l'Élysette. On avance ?

Quelles marges de manœuvre ?
Le ministre-président wallon Adrien Dolimont, les deux vice-Premier François Desquesnes et Pierre-Yves Jeholet et la ministre de tutelle Jacqueline Galant ont écouté les doléances des syndicats. Il a beaucoup été question de la fin du statut.
"Le gouvernement continue à nous opposer sa feuille de route, la Déclaration de politique régionale. Mais peu importe, on veut discuter. Et pour ça, la ministre doit disposer de marges de manœuvre, maintient Stéphane Jaumonet (secrétaire permanent de la CGSP Ministères). Le statut, ce n'est pas un problème syndical, c'est un problème sociétal. On parle de la fonction publique."

La réforme du statut a été adoptée en première lecture il y a un peu plus d'un mois. À la CSC, on rappelle aussi que, feuille de route ou pas, le dialogue social a ses droits. "La fin du statut semble avancer à grande vitesse, constate Xavier Lorent, secrétaire national Communauté-Région pour la CSC. Décider de manière unilatérale juste parce que la majorité a été élue, c'est bafouer l'État de droit. "
Au cabinet de la ministre Galant, on confirme qu'il y a peut-être des points de la réforme à améliorer via un dialogue social. Mais la ministre (et avec elle le gouvernement) est déterminée : on ne reviendra pas sur l'essentiel. À savoir, la fin du statut.
Si c'est purement idéologique, on n'aboutira à rien. Si on vise un nouveau cadre pour rendre l'administration wallonne plus attractive, plus efficace, il y a moyen de trouver certaines convergences.
Idéologique ou pas ?
"L'objectif n'est pas d'annuler une réforme pour le principe, reprend Xavier Lorent. La question, c'est surtout de savoir si le projet est purement idéologique ou s'il s'agit de faire de l'administration publique un outil performant pour le citoyen. Si c'est purement idéologique, on n'aboutira à rien. Si on vise un nouveau cadre pour rendre l'administration wallonne plus attractive, plus efficace, il y a moyen de trouver certaines convergences. "
Même écho à la CGSP : "On veut négocier, martèle Stéphane Jaumonet. Dans une négociation, on ne dit pas seulement qu'on est d'accord ou pas d'accord. On attire l'attention sur des impacts tant juridiques qu'opérationnels. On fait des contre-propositions, on tente d'améliorer le texte. C'est un dialogue constructif."
Sinon, Conseil d'État…
Stéphane Jaumonet prévient néanmoins : "De toute façon, la concertation sociale est obligatoire avant le vote au Parlement. Sans quoi, nous irons devant le Conseil d'État, qui peut faire annuler le décret."
"C'est une main tendue de notre part. Le gouvernement a eu l'air de la saisir. On verra si ça se traduit par des actes", ajoute Xavier Lorent.
"Mastodonte"
Malgré ses déclarations à Walhain, le 13 janvier, sur sa conception de la concertation sociale, la ministre Galant estime que les discussions doivent en effet se poursuivre au sein de l'instance officielle : le comité de secteur XVI (et XVII pour la Fédération W-B).
Les syndicats ont demandé un délai de 30 jours. "On ne réforme pas un mastodonte comme l'administration wallonne en quelques semaines, confirme Xavier Lorent. Il faudra bien 3 à 6 mois pour résoudre les problèmes techniques."
Jacqueline Galant avait accepté le principe de groupes de travail, pour la Région et pour la Fédération. Le cabinet est en train d'en fixer le planning. "Ce sera bien avant la fin de l'été", annonce le porte-parole de la ministre.