Un rêve d'unanimité
Un texte construit par la majorité et l'opposition, c'est un peu comme un état de grâce, dans un Parlement. On pense à cette proposition de résolution sur l'accès aux toilettes dans l'espace public, adoptée à l'unanimité mercredi soir par les députés wallons.

- Publié le 01-10-2026 à 18h51
- Mis à jour le 02-10-2026 à 08h19

Un texte d'abord porté par une députée de l'opposition, sur lequel une députée de la majorité a embrayé, se retrouver finalement à quatre femmes autour de la table, MR, Engagés, PS et Écolo, histoire de finaliser un projet en bonne intelligence : l'épisode est suffisamment rare pour être épinglé dans cette actualité de 2026, compacte, oppressante.
Nous vivons un temps où la polarisation prend toute la place. La radicalisation évacue la nuance et la complexité du débat public. Alors cette unanimité autour du bon sens fait simplement du bien.
"Nous avons été capables, sur un sujet concret qui concerne la vie quotidienne des citoyens, de dépasser nos clivages pour sortir une proposition commune", dira le député socialiste Bruno Lefebvre. "Puisse cette logique de travail commun nous inspirer et nous guider sur d'autres enjeux."
Il suffirait de voter en pensant à quelqu'un de proche et se dire que, en tant que politique, on peut améliorer sa vie.
Retenons ceci : lors de son intervention à la tribune, à deux reprises, la députée Sophie Fafchamps (LE) appelle les députés à voter en pensant à une personne qu'ils connaissent, qui n'ose plus sortir par peur de ne pas trouver à temps des toilettes. Elle-même témoignera d'une expérience personnelle avec son petit garçon.
Et on se prend à rêver. C'est ça. Il suffirait de voter en pensant à quelqu'un de proche et se dire que, en tant que politique, on peut améliorer sa vie.
On ne rêve pas longtemps. Parce que, quelques secondes seulement après cet aimable échange entre députés sur la rupture d'une forme d'isolement par un meilleur accès aux sanitaires, le débat sur les visites domiciliaires ramène tout le monde à la réalité.
On connaît sans doute moins de personnes soumises à un ordre de quitter le territoire et représentant "un danger pour la société", que de personnes âgées ou de malades chroniques. Ils n'en font pas moins partie de la même communauté : celle des invisibles qui évitent certains lieux ou qui n'osent pas sortir.
