Budget fédéral : "Proposition robuste" ou "effort disproportionné", la majorité toujours divisée malgré l'urgence
La Belgique court toujours derrière son budget pour les années à venir. Le gouvernement n'a toujours pas trouvé les 10 milliards d'euros, malgré les nombreux kerns et le chrono qui tourne.

- Publié le 22-10-2026 à 17h13
- Mis à jour le 22-10-2026 à 17h25

Le gouvernement fédéral n'est toujours pas parvenu à se mettre d'accord sur un budget. Si les protagonistes refusent de parler de "crise", le temps presse et la pression monte. Plusieurs échéances approchent, en effet, à grands pas. D'un côté, la Belgique doit recevoir ce vendredi la nouvelle note de Standard & Poor's. Actuellement de AA-, avec une perspective stable, cette note pourrait être dégradée. Ce qui serait une nouvelle épine dans le pied de la coalition Arizona.
Les dix milliards, à la trappe ?
L'autre échéance est tout simplement la nécessité de boucler un budget pour 2027. Si les partis du gouvernement se sont mis d'accord pour un plan pluriannuel de dix milliards d'euros, "il est possible qu'on réduise la voilure", nous explique-t-on en coulisses. Une manière de remettre sur la table la possibilité de boucler d'abord un budget d'urgence, avec un effort de 4 milliards d'euros, comme proposé il y a quelques jours par Bart De Wever ? C'est une option, mais certains parlent également de revoir à la baisse l'objectif des dix milliards.
"Il est possible qu'on réduise la voilure."
Quelle que soit la solution privilégiée, les cinq partis devront se mettre d'accord assez rapidement. Malgré l'urgence, l'heure serait pourtant à la temporisation. Après l'échec des négociations lors de réunions interministérielles de ces derniers soirs, le cabinet du Premier ministre a, par communiqué, annoncé que le kern avait convenu d'examiner, "dans les prochains jours", le tableau budgétaire ligne par ligne et dans le détail.
"Proposition robuste"
Il ne faut dès lors pas s'attendre à un accord imminent. "On est dans l'expectative. On attend l'initiative du cabinet du Premier ministre, mais on n'a pas de vue concrète sur une éventuelle nouvelle méthode", nous confie une source proche du dossier.
Interrogé à la Chambre ce jeudi, Bart De Wever a pourtant affirmé que, selon lui, "une proposition robuste se trouve sur la table du gouvernement". Une position qui semble difficilement compatible avec la sortie, la veille, du vice-Premier ministre de Vooruit, Frank Vandenbroucke. Le socialiste flamand avait souligné, avant le kern de mercredi soir, qu'un document de "78 pages de propositions très détaillées" n'avait pas encore été examiné avec ses partenaires. Il avait également rappelé que "l'effort doit être équitable. On n'est pas encore là."
Effort "disproportionné" pour la santé
Le vice-Premier des Engagés, Maxime Prévot, a lui aussi déclaré que les efforts "doivent être justes, et il faut pouvoir mettre à contribution celles et ceux qui ont plus de largesses et d'aisances financières", confirmant qu'il y a "beaucoup de choses qui aujourd'hui m'indisposent" dans les propositions sur la table. À ses yeux, un effort "disproportionné" est toujours demandé sur le budget des soins de santé.
"Vous envoyez ce pays dans le mur, changez de cap !"
L'opposition n'a, elle, pas manqué de critiquer à nouveau la majorité sur ce constat d'échec des négociations. À gauche, le PS, le PTB et Ecolo ont exhorté le gouvernement à chercher de l'argent auprès des plus nantis. "Dans ce pays, de l'argent, il y en a, allez le chercher là-bas", a réclamé Sarah Schlitz (Ecolo-Groen). "Avec vous, c'est toujours chez les mêmes que ça pique", a lancé Paul Magnette (PS) en faisant référence aux économies qui pourraient toucher les retraités. "Vous envoyez ce pays dans le mur, changez de cap !".
