"Cela finalise le déploiement du tronc commun" : le gouvernement de la Fédération approuve la réforme du secondaire inférieur
Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé vendredi l'avant-projet de décret qui réforme l'enseignement secondaire inférieur. Le principe du tronc commun de la 2e et 3e année est significativement adapté.
- Publié le 23-10-2026 à 16h43
- Mis à jour le 23-10-2026 à 17h15
"Cette réforme du secondaire inférieur finalise le déploiement du tronc commun", assure la ministre-présidente Elisabeth Degryse (Les Engagés) tandis que sa collègue de l'Education, Valérie Glatigny (MR), se garde bien d'utiliser l'expression. "Notre cap est clair : améliorer la qualité de notre enseignement et donner à chaque jeune les moyens de construire son avenir de manière positive. Cela suppose de maîtriser les apprentissages de base, d'apprendre les langues de notre pays et de découvrir concrètement les métiers".
Un accent sera mis sur la découverte des métiers à travers des expériences concrètes. En deuxième secondaire, deux journées seront consacrées à des activités de découverte, par exemple visiter un atelier de chocolaterie, rencontrer un pharmacien ou participer à un salon des études et des métiers. En troisième secondaire, tous les élèves réaliseront un stage d'observation en milieu professionnel. Ils pourront ainsi découvrir la réalité d'un métier, son environnement et les compétences qu'il mobilise.
En troisième secondaire, six périodes d'activité d'orientation seront organisées par semaine. Chaque élève choisira deux ensembles de trois périodes par semaine parmi huit domaines: langues modernes et pratiques de la communication; littérature, langues de culture, arts et expression; culture, arts, création, techniques artistiques et artisanat; santé, éducation physique, bien-être et techniques de soins; mathématiques et sciences appliquées; technologies et techniques appliquées; environnement, sciences et techniques de la Terre et du Vivant; et Gestion de projets économiques, sociaux et environnementaux.
Pas de contrainte pour la 4e secondaire
Ces choix n'auront pas d'effet contraignant sur l'orientation en quatrième secondaire. Un élève ne sera pas obligé de poursuivre dans le domaine exploré en troisième. Il s'agit de l'aider à identifier ce qui l'intéresse et le motive, précisent les deux ministres.
L'apprentissage d'une deuxième langue moderne commencera dès la deuxième secondaire, et non la troisième secondaire, à raison de deux périodes par semaine. Le gouvernement veut pousser la connaissance d'une des deux autres langues nationales (néerlandais, allemand). En pratique, un élève qui apprend déjà le néerlandais pourra commencer l'anglais dès la deuxième secondaire. Celui qui apprend l'anglais comme première langue moderne débutera le néerlandais ou l'allemand.
Après les 6 heures de Français-Langues anciennes déjà prévues en 1ere secondaire, tous les élèves poursuivront leur découverte du latin avec deux heures en 2e secondaire et une heure en 3e secondaire. Ceux qui souhaitent approfondir les langues anciennes pourront également choisir le latin et/ou le grec dans le cadre des six périodes d'activités orientation.
Le "certificat d'enseignement secondaire inférieur" (CESI) remplacera le CE1D (en fin de 2e secondaire) pour valider les acquis à la fin de la 3e secondaire. La dernière session du CE1D se tiendra en juin 2027.
Possibilité de redoublement
La réforme réintroduit également la possibilité de redoublement d'une année. Le passage automatique entre la 1re et la 2e secondaire sera supprimé. Le maintien sera possible en 1re, 2e et 3e secondaire lorsque les acquis d'un élève ne lui permettent pas de poursuivre dans de bonnes conditions. La décision sera laissée à l'appréciation des enseignants.
Elisabeth Degryse et Valérie Glatigny insistent également sur la préservation de l'emploi que favorise leur réforme, comparée à la trajectoire initiale du Pacte pour un enseignement d'excellence.
A terme, quelque 1.400 équivalents temps plein risquaient de disparaître et quelque 5.000 enseignants risquaient d'en ressentir l'impact, particulièrement dans l'enseignement qualifiant, indiquent-elles. Afin d'éviter ces pertes d'emplois, le gouvernement permettra à ces enseignants de prendre en charge les activités d'orientation en troisième secondaire et prévoira le maintien en fonction des enseignants nommés ou définitifs et des temporaires prioritaires concernés autant que possible dans leur école. Ces enseignants pourront notamment donner cours dans le secondaire supérieur, accompagner les élèves dans leurs stages ou organiser des collaborations avec les entreprises pour leur faire découvrir différents métiers. Les personnes concernées conserveront un emploi dans un "cadre d'extinction": les postes diminueront progressivement au fil des départs naturels, plutôt que par des pertes d'emploi "sèches". Les modalités seront discutées avec les représentants des pouvoirs organisateurs, Wallonie-Bruxelles Enseignement et les syndicats.
Quatorze millions d'euros sont enfin prévus d'ici 2029 pour étendre l'accompagnement personnalisé en 2e et 3e secondaire, en plus des 25 millions déjà investis pour le primaire et la 1re secondaire. Ces moyens permettront notamment de mobiliser deux enseignants dans une même classe afin d'aider les élèves dès l'apparition de difficultés.
