Voitures électriques en Belgique : près de 40 % des ventes de voitures neuves, les particuliers s'y mettent aussi mais c'est plus lent
Près de 4 voitures neuves sur 10 sont désormais 100 % électriques. Les professionnels portent toujours le marché l'électrique gagne aussi les particuliers.

- Publié le 15-10-2026 à 18h39
- Mis à jour le 15-10-2026 à 20h19
Sur les neuf premiers mois de l'année 2026, quatre voitures neuves sur dix immatriculées étaient 100 % électriques (BEV). Le marché automobile belge qui a vendu 320 374 voitures neuves en 9 mois confirme donc "la transformation désormais bien engagée de ses motorisations", souligne la FEBIAC, la Fédération Belge et Luxembourgeoise de l'Automobile et du Cycle.
En deux ans (depuis 2024) la part de marché du 100 % électrique a ainsi progressé de plus de 10 points.
Évidemment, le marché de l'électrique continue d'être largement porté par les entreprises et les professionnels qui bénéficient d'une fiscalité préférentielle. Ainsi, la voiture électrique (BEV) représente 60,9 % des véhicules professionnels mais encore seulement 11,5 % des véhicules des particuliers.

L'autonomie ? Non, plutôt le prix
La transition vers l'électrique est effectivement plus lente chez les particuliers, admet la FEBIAC.
"La progression récente du marché particulier, qui a atteint un nouveau palier en septembre (20 % de voitures électriques sur le total des immatriculations neuves) constitue néanmoins un signal à suivre avec attention au cours des prochains mois avec l'arrivée sur le marché de modèles toujours plus abordables financièrement."
Le succès de la Renault 5 avait déjà appuyé cette analyse et la Twingo 100 % électrique qui a été le troisième modèle le plus immatriculé en septembre semble le confirmer.
"On a longtemps dit que la question de l'autonomie était un frein pour les particuliers, note Christophe Dubon. Mais on voit bien avec l'arrivée de ces voitures plus abordables financièrement que c'était davantage une question de prix." On verra si l'arrivée prochaine de "petits" modèles électriques comme la VW Polo, la BMW X1 ou la Citroën 2CV le confirmera.
Prix des fossiles imprévisibles
Dernier élément qui favorise l'électrique : le prix des carburants fossiles. La hausse importante qu'ils ont connue ces derniers mois mais plus encore sans doute leur volatilité de ces dernières années, estime Christophe Dubon.
"Avec les crises successives, les gens se rendent compte qu'il n'est plus vraiment possible de savoir combien va leur coûter une voiture thermique."
À noter toutefois que si les motorisations diesel poursuivent leur chute vers l'extinction (seulement 2,7 % des ventes neuves sur les 9 premiers mois de 2026), les moteurs essence gardent la cote et dominent encore le marché du neuf chez les particuliers : 59,4 % (-0,7 % par rapport à 2025).
Globalement (professionnels et particuliers), l'augmentation des ventes de véhicules électriques semble plutôt se faire au détriment des véhicules hybrides rechargeables (PHEV) dont les ventes sont en recul de 3,4 points de pourcentage.
"Le véhicule hybride a clairement été une porte d'entrée vers l'électrique, note Christophe, porte-parole de la FEBIAC. Les conducteurs d'hybrides de ces dix dernières années ont vu que l'électrique ce n'est pas si mal finalement. Et au moment d'acheter une nouvelle voiture, ils franchissent le pas du 100 % électrique."
Encore peu d'occasion en électrique, mais une très belle progression en 2026
Les voitures électriques ne représentent encore que 6 % de part de marché de l'occasion. En chiffres absolus, cela est peu : 32 431 véhicules. Mais la progression, constante depuis plusieurs années reste notable cette année encore (+ 41,8 %). Et cela dans un contexte global des ventes d'occasions qui, "après quelques années de résultats solides", marquent un peu le pas (-3,3 %). Mais représentent toujours la majorité des véhicules vendus en Belgique (62,7 %).
Pour Filip Rylant, porte-parole de TRAXIO qui représente le secteur du véhicule d'occasion, s'il n'y a pas de "révolution" électrique comme pour le neuf, cela s'explique logiquement par plusieurs facteurs. La voiture électrique a été dopée par une fiscalité favorable qui s'adressait aux entreprises et professionnels. Or, le marché de l'occasion est à 90 % un marché de particuliers.
Autre élément : la disponibilité des véhicules électriques d'occasion n'est pas encore optimum. Elle est essentiellement alimentée par les véhicules en fin de leasing, ce qui représente un décalage de 3, 4 ou 5 ans. "il n'y aura donc pas de révolution comme pour le neuf, mais plutôt une évolution" qui suivra l'augmentation de l'offre. Mais la part de marché de l'électrique ne fera que s'accroître là aussi, croit Filip Rylant qui note un changement de perception chez les particuliers. "Les véhicules électriques d'occasion sont considérés comme fiables, permettant de réduire les coûts et avec une bonne durabilité des batteries."