Ruée sur les crédits hypothécaires
Jamais les banques n'ont prêté autant d'argent pour des crédits hypothécaires. La crise semble loin.

- Publié le 19-11-2010 à 06h00

Qu'il semble loin le temps où l'on reprochait aux banques de ne plus prêter d'argent. "Depuis la fin 2007, il n'avait encore jamais été octroyé autant de crédits à la construction qu'au cours de ce troisième trimestre de 2010" souligne l'Union professionnelle du Crédit.
Tant le nombre de crédits octroyés (+15 %) que celui des demandes (+23,7 %) explose. L'encours total de crédit hypothécaire avoisine les 159 milliards d'euros, dont plus de 6 milliards rien que pour le troisième trimestre 2010.
En moyenne, les banques prêtent 129 000 euros pour l'achat d'un bien immobilier, 116768 euros quand il s'agit d'une construction mais 148784 euros s'il s'agit d'un achat couplé à une rénovation. Mais certains particuliers ont aussi profité de l'occasion pour renégocier leur ancien prêt. Le refinancement moyen s'élève à 126806 euros.
Plusieurs facteurs expliquent ce boom des crédits hypothécaires. À commencer bien évidemment par la sortie de crise, comme l'explique Pamela Renders, porte-parole de Febelfin. "Le marché hypothécaire se redresse depuis l'été 2009. En premier lieu parce que la confiance dans le chef du consommateur se rétablit ." Les particuliers qui avaient l'intention de se mettre un crédit sur le dos ont sans doute été refroidis par la situation conjoncturelle. Et ont donc attendu d'être rassurés pour introduire leur demande de crédit.
Mais ce n'est pas l'unique explication. "Certaines mesures prises par le gouvernement pour soutenir le secteur de la construction arrivent à leur terme, poursuit Mme Renders. Qui explique que c'est "surtout le cas pour les nouvelles constructions". Du coup, les candidats bâtisseurs se dépêchent de finaliser leur projet pour profiter de ce coup de pouce financier.
Et puis l'argent est actuellement disponible à un coût raisonnable. "Même si l'on constate les premiers signes d'une légère hausse, on vit actuellement dans un climat où les taux d'intérêt sont attractifs pour le consommateur. Ce qui peut attirer les consommateurs avant que les taux ne remontent ."
À ce niveau-là aussi il y a du neuf. Si la majorité des particuliers privilégiaient jusqu'à il y a peu les taux d'intérêt variables, un contrat sur deux est conclu à un taux fixe.
Et pour la suite? Risque-t-on d'assister à une baisse des demandes, en raison de taux plus élevés et de la fin des mesures gouvernementales? Pamela Renders refuse de s'avancer. "Je n'ai pas de boule de cristal. Je ne sais pas dire ce que le futur va apporter. Seul l'avenir nous le dira ."
