Prise en charge de l'AVC en Belgique : "En une minute à peine, deux millions de cellules cérébrales meurent si elles ne sont pas oxygénées"

Un audit mené auprès de 96 hôpitaux, par l'Inami et le SPF Santé publique. Le recours aux traitements est meilleur, mais il faut encore faire des efforts pour garantir une prise en charge uniforme partout en Belgique.

AVC ischémique
Les premières heures après l'AVC sont déterminantes pour limiter le risque d'invalidité et de mortalité. ©this image is copyrighted

En Belgique, environ 25 000 personnes sont touchées en moyenne chaque année par un AVC. Chez l'adulte, il est la principale cause de handicap moteur acquis et la seconde cause de troubles cognitifs sévères.

Pour 80 % des personnes qui sont admises à l'hôpital, il s'agit d'un AVC ischémique : ils découlent d'un caillot obstruant une artère irriguant le cerveau.

Que se passe-t-il quand on fait un AVC?

Quel est le pronostic de l'AVC ischémique ?

Selon l'audit, le pronostic d'un AVC ischémique dépend fortement de la rapidité du diagnostic et, pour ça, de l'accès à l'imagerie cérébrale.

91 % des patients arrivent par les urgences

89 % des patients ont accès à un examen d'imagerie cérébrale

"Les premières heures à partir de l'apparition des symptômes sont déterminantes pour lancer un traitement et limiter le risque d'invalidité et de mortalité. Au cours de cette phase dite hyperaiguë, deux traitements peuvent être proposés, seuls ou combinés : la thrombolyse et la thrombectomie" dit le communiqué de l'Inami.

Comment détecter l'AVC ? Le test fast

La Belgique est le meilleur élève européen

La thrombolyse consiste à administrer un médicament par voie intraveineuse pour dissoudre le caillot. Sur ce traitement, la Belgique est passée de 17 % en 2021-2022 à 18,8 %, se rapprochant des meilleurs résultats européens.

94 hôpitaux réalisent des thrombolyses et, parmi ceux-ci, 20 hôpitaux réalisent des thrombectomies

54,3 % des patients traités par thrombectomie dans un centre spécialisé avaient été transférés depuis un autre hôpital (qui ne comprenait pas l'infrastructure nécessaire).

La thrombectomie consiste à extraire le caillot directement dans l'artère cérébrale touchée. Il s'agit d'un geste réalisé par un radiologue spécialisé et qui nécessite une infrastructure complexe associant une équipe multidisciplinaire (infirmiers, radiologue, anesthésiste, etc.). Le taux de thrombectomies est passé de 7,2 % en 2021-2022 à 9,5 en 2024, nous classant en tête du classement européen.

Une qualité de soins inégale

L'audit établit que selon l'hôpital dans lequel il est admis, le patient ne dispose pas non plus des mêmes chances de traitement au-delà de 4,5 heures clés après l'apparition des premiers symptômes neurologiques.

Des différences entre hôpitaux sont relevées à plusieurs niveaux : dans l'organisation du parcours de soins, la disponibilité des protocoles, l'application des recommandations scientifiques, le respect des normes d'agrément pour les programmes de soins de l'AVC, la permanence d'un neurologue et le recours à un examen technique spécifique.

Selon le dernier rapport du KCE 2024 "Performance du système de santé belge", les données de 2021 montrent que la Flandre a un taux de mortalité à 30 J après AVC ischémique plus faible (8.1 %) que la Wallonie (9.3 %) ou Bruxelles (9.4 %).

Son AVC a révélé un cancer du sang, présent depuis des années

Les recommandations du SPF Santé et de l'Inami

L'audit émet plusieurs recommandations, comme assurer une permanence des équipes soignantes afin que les traitements soient assurés 24 heures sur 24.

Il invite également à élaborer des directives permettant des traitements adaptés et l'évaluation du patient (gravité des symptômes neurologiques, troubles de la déglutition, suivi de l'autonomie), et ce quel que soit l'hôpital d'admission.

Et comme la prise en charge ne se limite pas à l'hôpital, il exhorte à mettre en œuvre une concertation avec les proches afin de préparer la sortie du patient.

Prévention contre les AVC : ce qu'il faut mettre en place

Les services publics rappellent que les facteurs de risque sont modifiables. Les plus importants sont l'hypertension, l'hypercholestérolémie, les maladies cardiaques, le diabète, l'obésité et le tabagisme.

Nos lecteurs ont lu ensuite

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...