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Jean Moncorgé, la face cachée de Jean Gabin

Derrière l'acteur gueule d'amour ou gros dur, se cachait un grand timide, père possessif et paysan en manque de reconnaissance.

Robert Nicolas

Gabin fut une véritable institution du cinéma français, apparaissant comme le père, le frère, l'ami ou l'amant de tout un pays. Avant-guerre, il était la gueule d'amour qui trouvait que Michèle Morgan avait d'beaux yeux, ou le héros tragique, homme fort et silencieux sur lequel s'acharnait le destin. Dans les années 50 et 60, il devint le pacha au physique imposant et au regard sombre, souvent flic ou voyou, parfois grand bourgeois.

Le documentaire que commente Laurent Delahousse dans sa collection Un jour/Un destin

raconte la face cachée de l'acteur pour faire découvrir un soldat de la France libre, un gentleman-farmer que les paysans normands n'aimaient pas, un père possessif, un être intransigeant auquel la timidité donnait mauvais caractère, un homme d'une autre époque qui s'était réfugié à Deauville en Mai 68 et y avait stocké des pâtes et du sucre.

Il avait formé un couple mythique avec Michèle Morgan. Il vécut une autre histoire d'amour avec Marlène Dietrich. Mais c'est avec une femme qui lui donnerait des enfants qu'il voulait faire sa vie.

Gabin avait fini par constituer un domaine de 120 hectares et 400 têtes de bétail. En 1962, 700 agriculteurs en colère montèrent une opération commando pour occuper sa propriété et exiger qu'il cesse de les priver de terres. Une façon de lui dire qu'il ne serait jamais des leurs.

Le film montre aussi Gabin en patriarche intolérant qui voulait ses enfants autour de lui pour toujours, même au détriment des études, jusqu'à refuser d'assister au mariage de sa fille parce que cette union lui déplaisait.

France 2, 22.20

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