Lost Frequencies, l'artiste belge le plus populaire à l'étranger, au Ronquières Festival: "Je suis juste reconnaissant" (photos)
Ce samedi 3 août 2024, le DJ Lost Frequencies a clôturé avec brio la journée sold-out du Ronquières Festival. Rituel avant un concert, fierté de jouer lors de la fête nationale, reconnaissance mondiale... La superstar belge s'est confiée sur sa carrière fulgurante. Interview.

- Publié le 04-08-2024 à 10h44
- Mis à jour le 04-08-2024 à 10h45

Félix De Laet, alias Lost Frequencies, est l'artiste belge le plus populaire à l'étranger. Multipliant les milliards de streams sur la plateforme musicale Spotify (avec les titres "Are you with me" et "Where are you know"), le DJ n'oublie pas de performer dans son pays.
Le 21 juillet, pour la fête nationale, il a joué devant plus de 100.000 personnes au Parc du Cinquantenaire. Ce samedi 3 août, la superstar était présente au festival de Ronquières pour performer à domicile. Peu de temps avant son set d'une heure sur la scène Colline, le trentenaire a répondu à nos questions.
Jouer au Ronquières Festival, ça représente quoi pour vous?
Hier soir, j'étais au Suikerrock en Flandre. Et ce soir, je suis à Ronquières du côté francophone. Je suis heureux de combiner les deux en un week-end. C'est une ambiance très différente avec une programmation différente. Après Eddy de Pretto et Bigflo et Oli, je pense que l'ambiance va être chaude. Le public francophone apprécie généralement bien ma musique.
Tirlemont hier, Ronquières ce soir. Vous jouez presque à domicile...
Les deux festivals étaient à une demi-heure de ma maison. Donc, je profite. Je vais dormir dans mon lit ce soir et c'est un réel plus. C'est une chouette opportunité de clôturer plusieurs festivals cet été avec mon DJ-set. Et c'est ma première à Ronquières !
Jouer à chaque fois aussi tard, ce n'est pas trop contraignant?
C'est un horaire qui me convient parce que c'est un beau créneau. Mais ça met un peu la pression. Réaliser un DJ-set après plusieurs chanteurs et chanteuses, qui sont nombreux sur scène avec leurs musiciens, c'est une autre approche pour mettre un show en scène. Mais le public me connaît et sait qu'on va partir sur un autre concept avec un set électro.
À Ronquières, c'est une programmation plus variée musicalement. Quand j'arrive avec mon set, c'est un autre concept. Quelque part, ça rafraîchit.
Une pression supplémentaire de jouer en Belgique?
Oui, quand même. La presse belge aime écrire que je voyage beaucoup dans le monde et que je suis souvent à l'étranger. Dès lors, certaines personnes doivent se dire: "On va voir ce qu'il vaut ce coco et pourquoi il voyage tellement". Dans ce sens, ça me met un peu plus de pression. Mais, généralement, j'ai de très bons retours. Le public apprécie.
Participer à Tomorrowland et puis à Ronquières, c'est totalement différent?
À Tomorrowland, le public est là pour écouter de la musique électronique, connaît ce genre musical et est présent pour cela. À Ronquières, c'est une programmation plus variée musicalement. Quand j'arrive avec mon set, c'est un autre concept. Quelque part, ça rafraîchit. Parce que c'est une musique que les festivaliers n'ont pas encore entendue de la journée. Cela amène une autre énergie.
Le 21 juillet, vous avez joué devant plus de 100.000 personnes au Parc du Cinquantenaire. Ça vous fait quoi de jouer devant autant de personnes, à deux pas de chez vous?
C'était à 5 minutes de chez moi. C'était complètement fou. Par après, je me suis dit que c'est dingue que mon projet soit arrivé à un point où je peux être un acteur de la fête nationale. Feux d'artifice, show de drones... Tout le monde était d'accord pour dire que c'était incroyable. J'ai vraiment apprécié ce moment.
C'est dingue que mon projet soit arrivé à un point où je peux être un acteur de la fête nationale
Jouer devant autant de monde, ça vous était déjà arrivé?
Quand je suis arrivé, la police nous a dit qu'il y avait 120.000 personnes. Je n'ai jamais joué devant autant de spectateurs. Je sais qu'au Brésil et en Colombie, ils font plus mais je n'ai encore jamais fait.
Comment préparez-vous un concert?
Ça dépend de l'événement. Ce soir, j'amène ma production avec mon propre show visuel. Dans des shows comme à Tomorrowland ou en boîtes de nuit, je me balade un peu plus dans ma playlist et je joue ce dont j'ai envie. Ce soir, je joue que du Lost Frequencies ou des musiques que j'ai produites.

Un rituel avant un festival?
J'aime aller voir le concert qui me précède. Cela me donne une bonne perspective de comment est la foule, quelle est l'ambiance sur le site, etc. Des fois, j'adapte quand même un peu mon show suite à ce que j'ai pu voir.
Un objet fétiche?
En festival, mon objet fétiche, je l'ai toujours avec moi en poche. Ce sont mes bouchons d'oreille. Ça fait 10 ans que je me balade dans des boîtes de nuit et des festivals, je ne peux pas rentrer dans un endroit avec autant de musique sans bouchons.
En festival, mon objet fétiche, je l'ai toujours avec moi en poche. Ce sont mes bouchons d'oreille.
En Belgique, vous avez des artistes préférés?
J'aime bien Primero. Il a une très chouette plume. J'aime son monde rap. J'adore aussi évidemment Boris (Netsky) et The Magician. En Belgique, on a pas mal de musiciens qui montent. C'est chouette !
Des festivals préférés en Belgique?
Il y a deux festivals que j'aimerais bien faire en tant que festivalier: Couleur Café et Reggae Geel. J'ai toujours voulu y aller, j'ai beaucoup d'amis qui y participent. Je suis fan de reggae et de musiques du monde. J'aime aussi l'indie rock et le groupe Girls in Hawaii. Les deux seuls festivals auxquels j'ai participé en tant que festivalier, c'est Pukkelpop et I Love Techno.

Selon le classement Spotify des chansons les plus écoutées à l'étranger, vous êtes le chanteur belge le plus populaire. Une fierté?
C'est assez fou de se dire que je produis mes chansons dans mon studio tout seul à Bruxelles et que ma musique est autant écoutée et appréciée. Je suis juste reconnaissant et heureux de pouvoir continuer.
Il y a 10 ans, vous auriez imaginé être arrivé là?
Non, clairement pas. Mon rêve, c'était de faire de la musique que les gens écoutent, pas des shows à travers le monde. Je peux faire les deux. C'est fou. Les shows sont venus avec et ont boosté ma créativité musicale et bousculé mes frontières de production.
Artiste belge le plus populaire à l'étranger, vous sentez-vous reconnu en Belgique?
Ça a pris du temps mais on y arrive. Je suis un DJ qui passe en radio, qui n'est pas souvent en Belgique et qui a des chansons en anglais, je pense que le public peut avoir du mal à comprendre que je suis un artiste belge, francophone et bruxellois. Je comprends tous ces aspects. Maintenant, ça fait dix ans qu'on essaie de passer en radio, à la télé, de faire de chouettes interviews... Beaucoup de personnes me connaissent aujourd'hui mais il y a encore un peu de travail.
C'est assez fou de se dire que je produis mes chansons dans mon studio tout seul à Bruxelles et que ma musique est autant écoutée et appréciée. Je suis juste reconnaissant et heureux de pouvoir continuer.



