Était-ce vraiment la dernière édition du SMG Music Fest ? : "On ne sait jamais ce que l'on vient écouter" (photos)
Au cœur de Sart-Messire-Guillaume, le SMG Music Fest a, une fois de plus, joué à guichets fermés pour sa 10e édition. Mais les organisateurs annoncent qu'il s'agissait sans doute de la dernière.

- Publié le 13-09-2025 à 15h02
- Mis à jour le 13-09-2025 à 18h03

À une époque où la plupart des festivals de musique tirent la langue, il existe encore des ovnis qui ne semblent pas connaître la crise. C'est notamment le cas du SMG Music Fest qui, depuis dix ans maintenant, fait danser Sart-Messire-Guillaume au milieu du mois de septembre, au moment de sa kermesse annuelle.
Une seule scène, quatre groupes qui n'étaient jamais venus avant ça dans le petit patelin brabançon, une jauge très limitée, et c'est tout – ou presque. La bande de potes à l'origine du projet n'a jamais voulu voir plus grand. C'est sans doute là que réside l'un des secrets de leur joli succès.
On ne sait jamais vraiment ce que l'on vient écouter. Mais on repart toujours avec le sourire.

Dans le public, se mêlent habitants du cru et amateurs de musique. "Au début, on pensait qu'il s'agissait surtout des gens du village, notent les organisateurs. Mais aujourd'hui, les spectateurs viennent de partout. L'an dernier, certains sont même venus de Liverpool pour voir un groupe. Et quand c'est complet, certains habitants de Sart nous demandent s'il ne resterait pas un petit ticket par hasard (rires)." La magie opère ici comme nulle part ailleurs. "On ne sait jamais vraiment ce qu'on va écouter, plaisante un festivalier. Mais on repart toujours avec le sourire."
Cette année, les organisateurs avaient choisi de mettre à l'honneur la scène anglaise. Les quatre groupes programmés avaient traversé la Manche pour découvrir Sart-Messire-Guillaume et son public. O., Dog Race, Ellis-D et The 113 étaient annoncés, avant une surprise pour souffler la dixième bougie du festival.
On avait toujours rêvé de faire ça dans notre petit village.
Le SMG Music Fest est en effet né en 2015. "On avait toujours rêvé de faire ça dans notre petit village, raconte Antoine Adam, l'un des organisateurs. Il y avait un soir de libre au milieu de la kermesse, alors on s'est lancé. Je pense que notre succès vient de là, et aussi du fait qu'on est juste une bande de passionnés. Et puis nous avons grandi petit à petit sans jamais vouloir voir trop grand."

Dans le monde des festivals, le SMG a fini par se faire un nom. "Au début, c'était vraiment nous qui allions voir des concerts, puis on tentait notre chance en allant proposer aux groupes de venir jouer chez nous, reprend l'organisateur. Petit à petit, les bookers nous ont repérés, et ce sont eux qui sont venus vers nous. C'est souvent très drôle quand les groupes débarquent ici en début de journée, alors qu'il y a encore des élèves dans l'école qui nous sert de backstage. Ils se demandent vraiment où ils sont tombés… mais ils repartent souvent très, très contents."
Pour cette dixième édition, les organisateurs avaient réservé une dernière surprise aux festivaliers : après les solides prestations de Ellis-D et The 113, la fanfare Pelouse Grass Band est venue enflammer une dernière fois le petit chapiteau. Une dernière fois, car le festival devrait tirer sa révérence après cette édition anniversaire.
Après, si des plus jeunes veulent s'impliquer et garder cet esprit SMG, pourquoi pas leur filer les clés?
"On arrive à la fin d'un cycle, malheureusement, conclut Antoine Adam. On est plusieurs à avoir d'autres projets. Personnellement, je pars au Canada. On a encore pris énormément notre pied ce soir, mais je pense qu'on préfère ne pas faire l'année de trop. Après, si des plus jeunes veulent s'impliquer et garder cet esprit SMG, pourquoi pas leur filer les clés ? Mais on a vraiment envie que se poursuive cette ambiance si particulière que l'on a construite."
Dans le public, alors que Pelouse Grass Band joue les prolongations et fait danser le chapiteau, beaucoup espèrent que la fête continuera encore longtemps à Sart-Messire-Guillaume. Quoi qu'il advienne, les absents de cette 10e édition auront eu tort.






