Tournée de la Star Academy en Belgique: un engouement dingue, avec une septième date ajoutée
Une septième date de concert s'est ajoutée ce mercredi 31 janvier à la tournée de la "Star Academy" en Belgique. Si elle affiche complet, cela fera 50 000 spectateurs. Analyse du phénomène.
- Publié le 31-01-2024 à 11h32
- Mis à jour le 31-01-2024 à 12h44

Cela fait très longtemps que ce n'était plus arrivé en Belgique. Aujourd'hui, une septième date de concert est mise en vente en Belgique pour la Star Academy. Après cinq dates à Forest National, la troupe composée de Lénie, Candice, Julien, Axel, Pierre, Djebril et la Belge Héléna fouleront deux fois la scène de l'ING Arena (ex-Palais 12), le 2 juin, à 15 et 20 h, devant 12 000 personnes. "On va franchir le cap des 50 000 spectateurs en Belgique, se réjouit Emmanuel Deroubaix, chargé de communication des concerts en Belgique. C'est du jamais vu depuis 2002."
À l'époque, Jenifer, Olivia Ruiz, Jean-Pascal Lacoste, Mario Barravecchia, Patrice Maktav, François, Grégory, Jessica, Djalil et Carine avaient chanté pas moins de douze fois à Forest National. Et c'était déjà Emmanuel Deroubaix qui se chargeait de la promo.

Un retour au sommet que beaucoup n'avaient pas vu venir. Surtout après la 1re saison du reboot sur TF1 l'an dernier, où la tournée avait été carrément annulée. "On avait très très très envie de refaire une tournée dès le retour de l'émission en 2022. Mais on n'avait pas assez de six semaines de diffusion pour l'organiser", indiquait alors Jean-Louis Blot, le président d'Endemol France à BFM TV.
Effet "sapin de Noël"
La donne est toute autre pour cette saison 2023-2024. D'ailleurs, dans le secteur des organisateurs de concerts, à la peine depuis le covid, cet engouement pour des chanteurs "amateurs" fait grincer quelques dents. Preuve que la télévision linéaire, que certains disent moribonde – en particulier pour le public jeune – peut encore mobiliser des foules.
Pour Emmanuel Deroubaix, le fait d'avoir une saison qui s'étende sur treize semaines, sans interruption pendant les vacances de Noël, a joué un rôle. "Pendant les vacances de Noël, le cœur de cible de l'émission, à savoir les enfants et les ados, a eu le temps de suivre la quotidienne, de s'attacher aux candidats et d'entrer dans le jeu de la compétition, poursuit Emmanuel Deroubaix. Au niveau de la vente des tickets, il y a eu clairement un effet sapin de Noël ! En décembre, on vendait 5 000 tickets par semaine: une date pour Forest était complète en dix jours."

Parmi les autres facteurs du succès, il y a évidemment l'effet nostalgie, avec les parents qui regardaient l'émission voici un peu plus de vingt ans quand ils étaient gosses et qui s'y sont replongés avec leurs enfants. "Et puis il y a indéniablement un effet Héléna, selon notre interlocuteur. On vit exactement le même engouement qu'en sport, quand des gens s'attachent à la montée en puissance d'un sportif en compétition. Ici, les téléspectateurs belges se sont pris au jeu et ont espéré qu'Héléna remporte la finale et prenne une revanche là où Mario Barravecchia a échoué face à Jenifer."
75% de parts de marché sur les 15-24 ans
Pour appuyer ses dires, Emmanuel Deroubaix cite les chiffres assez extraordinaires des parts de marché des deux derniers primes le samedi soir. "Pour la deuxième demi-finale, on tourne à près de 380 000 téléspectateurs en moyenne sur les deux parties de l'émission, mais on frôle les 75% de parts de marché sur les 15-24 ans et près de 59% sur la ménagère de moins de 50 ans (NDLR : ces taux s'expliquent aussi par la faible proportion de gens devant la télé après minuit) C'est dingue !"
Même un programme comme The Voice n'est jamais arrivé à fédérer autant de monde. "Parce qu'avec la Star Academy, les téléspectateurs voient les progrès au quotidien sous leurs yeux, note Deroubaix. On les voit travailler, souffrir, douter… Donc le public s'attache à eux."
Pourtant, en décembre 2008, TF1 avait pris la décision d'arrêter les frais et le programme avait terminé dans un relatif anonymat avec une ultime saison sur NRJ12 en 2013. "Selon moi, qui suis l'émission depuis le début, c'est parce que TF1 est revenue aux fondamentaux, analyse notre interlocuteur. C'est vraiment de l'apprentissage bienveillant. Cette saison, il n'y a pas eu un seul clash, ni de remarques condescendantes de la part des professeurs. Et le casting représente bien la jeunesse de 2024. Tout le monde y trouve son compte."
"En profiter"
Est-ce que cet engouement va se poursuivre ? En d'autres mots, serait-il possible d'avoir une huitième date en Belgique ?
"Ce qui est sûr, répond Deroubaix, c'est que le soufflé retombe assez vite après la finale. Cela va surtout dépendre du succès des singles des quatre demi-finalistes. L'an dernier, Anisha n'a vendu que 1 000 disques et Louis n'a joué que devant 100 personnes au Cirque Royal… Les élèves doivent vraiment profiter de ce qui va leur arriver, car après, tout reste à faire. Ce qui est aussi certain, c'est que le record de 2001-2002, avec douze Forest National, ne sera pas battu."
