Pas de SMS BE-Alert pour les inondations de cette fin mai 2026: qui décide d'envoyer ce type de message et dans quelles circonstances?
Les Belges ont reçu plusieurs messages BE-Alert par SMS durant le mois de mai 2026. Ce moyen de communication rapide et étendu a été mis au point par le Centre de crise national, mais d'autres acteurs interviennent dans les envois.

- Publié le 05-06-2026 à 11h00
- Mis à jour le 05-06-2026 à 11h22

"Qui envoie les messages BE-Alert? Et qui décide de le faire ou non? Pourquoi on n'a pas reçu de message lors des inondations de la fin mai?" s'interroge Patrick. Selon les régions, les citoyens belges ont pu recevoir un ou plusieurs SMS de BE-Alert au cours du mois de mai 2026. Ce fut notamment le cas pour l'incendie de Tubize le 25 mai et pour les inondations qui ont touché plusieurs communes du Namurois et du Brabant wallon le 30 mai.
La plateforme BE-Alert a été mise au point par le Centre de crise national (NCCN). "C'est un outil qui est mis à la disposition des Communes et Provinces, et qu'ils peuvent utiliser en toute autonomie, explique Thomas Gijs, porte-parole du NCCN. Lors d'une situation d'urgence sur le territoire d'une commune par exemple, Ce sont les autorités communales qui vont décider de créer et d'envoyer un message."
Les citoyens peuvent indiquer jusqu'à 5 adresses sur BE-Alert
BE-Alert peut être utilisée de deux façons, poursuit Thomas Gijs. "Premièrement, les citoyens peuvent s'inscrire à la plateforme. Nous encourageons la population à le faire car de cette façon, on peut enregistrer jusqu'à 5 adresses différentes et recevoir ainsi des messages d'alerte pour l'adresse de sa grand-mère, par exemple, qui habite à l'autre bout de la Belgique. Et la deuxième façon d'utiliser BE-Alert, c'est via la géolocalisation. Donc, la Commune ou la Province peut décider d'envoyer des messages uniquement aux personnes inscrites ou à tous les habitants d'une zone. Concrètement, pour un incendie avec dégagement de fumée toxique, il faut absolument dire à toute la population d'une commune de fermer les portes et fenêtres. Les autorités vont sélectionner le territoire de la commune et, à l'intérieur de celui-ci, toutes les personnes vont recevoir le SMS d'alerte avec les recommandations de sécurité, qu'elles soient inscrites ou pas."
La plupart du temps, ce sont les Communes et Provinces qui gèrent l'envoi de messages BE-Alert, mais pour un événement à plus grande échelle, le fédéral dispose aussi de ce levier d'information.
"On essaie de mesurer la plus-value d'un message BE-Alert"
Concernant les inondations du 30 mai, qui a particulièrement touché les entités de Sambreville, Jemeppe-sur-Sambre, Sombreffe et Floreffe, BE-Alert n'a pas été activé. "Ce qu'on essaie de mesurer, c'est la plus-value qu'un tel message peut apporter, détaille le gouverneur de la province de Namur. Cela en plus de la question du coût et du moment opportun. Quand on a été informé de la situation par rapport aux pluies, il était déjà trop tard pour prévenir la population. D'autant que les orages étaient très localisés et imprévisibles, et qu'on ne pouvait pas dire aux gens s'ils allaient être touchés ou non."
Il est en effet opportun d'évaluer l'intérêt de l'envoi de messages d'alerte d'autant que ceux-ci ne sont pas toujours gratuits. "Un SMS coûte 0,055 euro. À l'échelle de la zone NAGE, par exemple, qui compte 200 000 habitants, cela coûte 11 000 euros. Par contre, si une phase communale ou provinciale a été déclenchée, le coût peut être pris en charge par un autre niveau de pouvoir."
Un message BE-Alert pour informer sur la distribution d'eau
À Jemeppe-sur-Sambre, où 300 logements ont été touchés et où l'eau a été coupée, les habitants ont reçu, ce mercredi 3 juin, un message concernant la distribution d'eau. "Nous avons prévenu la population qu'un camion-citerne était disponible à un emplacement qui n'était pas indiqué dans notre communication initiale, indique Vincent Vanrossomme, bourgmestre ff de Jemeppe, qui n'était pas à la manœuvre le jour des inondations. Mais 90 % de notre communication envers la population se fait via le site de la Commune, mais aussi sur les réseaux sociaux."
À noter que le système de messages via BE-Alert fonctionne relativement bien pour informer la population. "On a des effets globalement positifs en termes de réception des messages, on est autour d'un taux de plus de 80 %, précise le gouverneur namurois. C'est un bel outil."
