"C'est grâce aux exportations que le secteur brassicole belge a survécu"

Si la plupart des brasseurs belges ont le sourire aujourd'hui, ce n'est pas en raison de ce regain d'intérêt de la population pour la bière. Mais plutôt de l'enthousiasme que portent les étrangers pour nos Duvel, Chouffe et autres spéciales se vendant comme des petits pains. L'étiquette "bière belge" est désormais un label reconnu au-delà de nos frontières. Ce dont ne sont peut-être pas encore assez conscients nos brasseurs.

F.G.
« C’est grâce aux exportations que le secteur brassicole belge a survécu »
HOEGAARDEN-LEFFE-CHINESE BEER-CHINA ©Belga

"C'est le grand paradoxe de la Belgique, explique Pierre Lebrun, fondateur avec son frère du site Bierebel.com. On ne se rend pas compte de la valeur de notre produit. D'autres pays font de la bonne bière. Mais au niveau de la diversité, on est vraiment à la pointe. Quand on parle avec un brasseur belge, il n'a pas toujours conscience de ce potentiel. Et c'est bien dommage."

Les chiffres sont pourtant éloquents. En 2011, les exportations de bières belges ont augmenté de 4,7% pour dépasser le cap des 11 millions d'hectolitres. En 2010, la hausse avait été de 3,8%. Et, globalement, cette tendance s'observe depuis des décennies.

En 1980, à peine 16,20% de la production belge partait à l'étranger. Dix ans plus tard, le chiffre grimpait à 19,46%. Pour s'envoler à 37,15% en 2000 et 58,54% en 2010 ! Aujourd'hui, six bières sur dix produites en Belgique seront dégustées à l'étranger.

Dans 78% des cas (chiffres de 2010), ce sera en Europe. Mais de nouveaux marchés suscitent beaucoup d'espoir chez nos brasseurs. Le Japon (+73,5%) et les États-Unis (+16,7%) ont importé avec enthousiasme nos produits houblonnés.

Pour Théo Vervloet, président de la Fédération des brasseurs belges, ces chiffres ne sont pas une surprise. "C'est grâce aux exportations que le secteur brassicole belge a survécu. Sans elles, toutes les brasseries seraient vendues ou arrêtées." Et l'homme de rappeler qu'en trente ans, la consommation interne de bière a baissé de 5 millions d'hectolitres. Le succès rencontré à l'étranger a permis à nos brasseurs de compenser cette baisse en Belgique.

Mais cette popularité attise les convoitises. Aujourd'hui, les bières belges sont copiées à l'étranger. Certains brasseurs étrangers n'hésitaient d'ailleurs pas à apposer sur leurs étiquettes la mention "Belgian beer" ou "trappiste". Ce qui n'a pas plu à la Fédération des brasseurs belges qui a intenté un procès aux États-Unis. Suite à un compromis qui a finalement pu être trouvé, ces brasseurs américains utilisent l'appellation "Belgian style beer". Une belle reconnaissance pour notre savoir-faire.¦

F.-X.G.

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