Réforme du travail de nuit: la double arnaque de l'Arizona (EDITO)
Le gouvernement De Wever s'est accordé sur les contours de la réforme du travail de nuit. Et ce que redoutaient les syndicats s'avère finalement fondé...

- Publié le 12-12-2025 à 18h00
- Mis à jour le 13-12-2025 à 07h52

"Cette étude, et je pèse mes mots, est biaisée politiquement." En août dernier, le Vice Premier ministre David Clarinval avait, par ses mots, réagi à une étude de la CSC que L'Avenir avait relayée. Ladite étude alertait sur le fait que la réforme du travail de nuit, annoncée par l'Arizona lors de la présentation de l'accord de l'été, allait durement impacter tant les travailleurs concernés par cette réforme, du fait d'une baisse de leur rémunération, que les finances publiques, en raison d'une perte de rentrées fiscales.
Le ministre du Travail avait à l'époque dénoncé une étude "truffée d'erreurs" et "donc pas crédible".
Un des arguments mis en avant par David Clarinval: "La CSC parle de trois commissions paritaires (NDLR: CP 119, 200 et 140.03). Or ces trois commissions ne sont pas concernées."
Vendredi matin, le gouvernement De Wever a précisé les contours de cette réforme. Et force est de constater que David Clarinval ne s'était pas trompé: la CSC était à côté de ses pompes. Ces prévisions concernant les secteurs impactés étaient en réalité… sous-estimées !
Au total, ce ne sont pas cinq commissions paritaires, comme promis par le libéral, qui seront impactées mais… 14 ! On y retrouve notamment les CP 119, 200 et 140.03, celles-là mêmes qui, d'après le ministre, "n'étaient pas concernées". Et bien d'autres.
La CSC avait donc vu juste. Et même doublement ! Car le ministre nous a menti une seconde fois au sujet du possible élargissement de cette mesure à d'autres secteurs par la suite.
La CSC avait mis en garde: "Il y a la volonté, peut-être pas maintenant, d'élargir à d'autres secteurs", prévenait l'auteur de l'étude, Olivier Malay.
"Non, l'accord est clair. On ne reprend que les cinq là", nous avait juré mordicus le Vice Premier MR.
Les faits donnent aujourd'hui raison aux syndicats, alors accusés de propager "des fake news pour que les travailleurs soient énervés contre le gouvernement Arizona ". Quatre mois plus tard, les "fake news" sont devenues une réalité bientôt couchée sur papier. Ce qui ne manquera pas d'"énerver" encore un peu plus des travailleurs que le ministre avait pourtant rassurés.
