Les soins de santé, un enjeu budgétaire, mais aussi communautaire
Un édito de Romain Veys

- Publié le 05-10-2026 à 22h13

Chassez le communautaire, il revient au galop. Qui a cru que Bart De Wever avait remisé au placard ses velléités d'une Flandre toujours plus autonome depuis qu'il s'est emparé du costume de Premier ministre ?
"Voor vlaamse welvaart". En français, " pour la prospérité flamande". Le slogan affiché en grand derrière la présentation du casting ministériel de la N-VA lors de l'annonce de l'accord Arizona ne laissait pourtant que peu de place au doute quant aux ambitions du parti.

Rapidement, toutefois, l'action du leader nationaliste à la tête de la politique fédérale avait suscité un certain engouement, certains se demandant même si Bart De Wever n'était pas subitement devenu belgicain. Récemment encore, un sondage Ipsos réalisé pour nos confrères du Soir, RTL, VTM et HLN plaçait le leader nationaliste flamand dans le top 5 des personnalités politiques préférées au sud du pays : 34 % des Wallons souhaitaient ainsi voir De Wever jouer "un rôle important " dans la politique de notre pays.
Agitant l'étendard de la "responsabilité " et du "courage " politique, le chef de l'exécutif fédéral a ainsi entrepris, avec son gouvernement, plusieurs réformes d'envergure. Sur le volet socio-économique principalement, où elles étaient apparues nécessaires de part et d'autre de la frontière linguistique. C'était, du reste, annoncé. Dans l'accord de gouvernement, le mot "réforme " (ou l'un de ses dérivés) apparaissait à… 174 reprises. Le tout dans un document prônant un " fédéralisme de réforme renforcé"…
Pourtant, quand on y regarde de plus près, l'agenda communautaire du leader nationaliste flamand ne semble certainement pas avoir disparu. Il ne l'a, du reste, jamais nié.
Après le chômage (avec la limitation des allocations dans le temps) et les pensions (avec une réforme du système de financement des retraites), Bart De Wever a choisi de s'attaquer désormais aux soins de santé, le troisième pilier de notre modèle de sécurité sociale – véritable pierre angulaire de la solidarité entre les Régions. Avec, là encore, la nécessité de s'attaquer à une machinerie devenue trop lourde pour les épaules fédérales.
Mais une nécessité de quel ordre ?
Pour les francophones de l'Arizona, il s'agit là d'une nécessité budgétaire. Et pour le Premier ministre flamand de la Belgique ?